16 PREMIÉRE LETTRE.
si religieusement tout ce qui se passe dans le
Ciel, on a vu quesque chose de pareil, soit
dans ce siècle, soit anciennement: en un mot,
si l’Aurore boréale y est connue. Pékin, qui
est une des Visses des plus septentrionales de
sa Chine, n'étant tout au plus qu'au quarantième ¬
degré de latitude, je vois bien que
l’Aurore Boréale y doit paroître plus foible,
plus basse & moins fréquemment qu'à Paris.
Cependant celse du 19 Octobre 1726, fut
vue à Madrid, qui est à peu près à la même
hauteur que Pékin, & observée à Lisbonne
qui est plus méridionale de plus d’un degré.
Mais la Tartarie Chinoise, où l’Empereur
& ses sujets font si souvent des voyages,
s'étend, si je ne me trompe, au-desà du 45.
ou 46. degré, & si se phénomène a lieu vers
ce côté du Globe terrestre, il y doit être
aperçu aussi communément que dans sa plupart
des provinces de France.
Vous dites, mon R. P. dans une de vos
Lettres, qu'il est certain que les Chinois ont
connu de tout temps la circulation du sang &
de la lymphe, mais qu'ils ne savent comment
elle se fait, & que leurs livres n'en disent pas
plus que les Médecins qui vivent aujourd'hui.
Oserai-je vous demander sur quoi donc on
juge qu'ils ont eu connoissance de la circusation, ¬
au sens qu'il faut entendre ce mot?
Car si ce n'étoit qu'un certain mouvement du
sang