TROISIÉME LETTRE.
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perdre à des Nations entières le fil des connoissances -
les plus dignes d’être conservées à
la poſtérité.
C'est ainsi que je pense de l'ancien système
Egyptien dont il est parlé dans Ciceron, dans
Vitruve, & sur-tout dans Macrobe, qui faisoit
tourner les Planètes de Vénus & de Mercure
autour du Soleil, quoiqu’on y conservât à sa
Terre sa prétendue immobilité, & qu’on en
fit toujours se centre du mouvement du Soleil
& des autres Planètes. Voilà donc en Egypte
des Astronomes bien persuadés, comme on
a dû l'être d'abord, & long-temps, que la
Terre occupe se centre du Monde, que tout
ce qui tourne dans se ciel, tourne autour
d'esse, & qui cependant sont parvenus au
point de ne pouvoir refuser aux Planètes de
Vénus & de Mercure l’exception de tourner
immédiatement autour du Soleil. C'est par
cette circonstance qui met, pour ainsi dire,
le système en contradiction avec lui-même,
que sa découverte me paroît singulière, &
supposer une prodigieuse suite d'observations.
Les systèmes de Pythagore & de Philolais,
quoique plus conformes à la Nature, & comme
on croit, les mêmes que celui de Copernic,
ne prouvent pourtant rien en comparaison de
celui des Egyptiens, par rapport à notre objet;
parce qu'ils ont pu naître d'une idée fortuite
de convenance & d'uuiformité, à la suite de
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