— 523 sort -
était réservé aux maîtres des relais? Devaient-ils être dépouillés ¬
sans indemnité? Les chemins de fer absorberaient-ils
dans un vaste monopole, et sans compensation pour les industries ¬
qu'ils venaient supplanter, tout le produit des messageries
et de la poste !
Telles sont les vastes questions qui se présentèrent tout d'abord ¬
à la pensée, lorsqu'il fut bien constaté que l'industrie des
chemins de fer était née viable, que les personnes et les choses
emprunteraient la voie rapide, de préférence à la voie plus lente
des grandes routes.
L'Allemagne, on l'a vu, a, dans chacune de ses concessions de
chemins de fer, stipulé des clauses avantageuses pour les administrations ¬
des postes, et telles qu'elles puissent, à un jour donné,
soit en cas d'accident sur les chemins de fer, soit en temps de
guerre lorsqu'il deviendrait utile à la défense du pays de détruire
les ouvrages et les voies qui les constituent, reparaître avec leur
personnel et leur matériel, et reprendre un service qui n'est
qu’interrompu et jamais supprimé On ne peut qu’admirer en
cela la prévoyance des gouvernements et leur sollicitude pour
les intérêts généraux, qu'ils font passer sans hésitation avant les
intérêts particuliers. Il y a eu, il est vrai, engouement pour les
chemins de fer, mais en même temps se maintenait le respect
pour les anciennes institutions et la reconnaissance pour les services ¬
passés.
La Belgique, au moment où elle créa le réseau complet qui fait
aujourd'hui sa gloire et sa prospérité, avait paru d’abord se préoccuper ¬
très peu de la conservation et du maintien de ses anciens
modes de transport. Mais la réflexion ne tarda pas à lui faire reconnaître ¬
qu’il y aurait une incurie coupable à laisser tomber
une institution d’utilité générale. Son gouvernement comprit
qu’il y aurait de sa part déni de justice à ne pas chercher les
moyens les plus efficaces pour venir au secours des relais. Une
commission fut instituée en 1842 pour étudier la question et proposer ¬
le remède au mal, et le 18 mars 1843, le gouvernement
belge présenta aux chambres un projet de loi qui avait pour but:
1° d’autoriser le gouvernement à régler, sous les peines portées
par la loi du 6 mars 1818, les conditions d’établissement des
moyens de transport tant par terre que par eau ; 2° de supprimer ¬
l'indemnité allouée aux maitres de poste par la loi du 15 ven¬