INTRODUCTION.
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qu’un évènement étant arrivé de suite, un nombre quelconque de
fois; la probabilité qu’il arrivera encore la fois suivante, est égale à
ce nombre augmenté de l’unité, divisé par le même nombre augmenté
de deux unités. En faisant, par exemple, remonter la plus ancienne
époque de l'histoire, à cinq mille ans, ou à 1826213 jours, et le
soleil s’étant levé constamment dans cet intervalle, à chaque révolution ¬
de vingt-quatre heures; il y a 1826214 à parier contre un,
qu’il se lèvera encore demain. Mais ce nombre est incomparablement -
plus fort pour celui qui connaissant par l’ensemble des phénomènes, ¬
le principe régulateur des jours et des saisons, voit que
rien dans le moment actuel, ne peut en arrêter le cours.
Buffon, dans son Arithmétique politique, calcule différemment
la probabilité précédente. Il suppose qu’elle ne diffère de l’unité, que
d’une fraction dont le numérateur est l’unité, et dont le dénominateur ¬
est le nombre deux élevé à une puissance égale au nombre
des jours écoulés depuis l’époque. Mais la vraie manière de remonter
des évènemens passés, à la probabilité des causes et des évènemens
futurs, était inconnue à cet illustre écrivain.
De l'Espérance
La probabilité des évènemens sert à déterminer l’espérance ou la
crainte des personnes intéressées à leur existence. Le mot espérance
a diverses acceptions : il exprime généralement l’avantage de celui
qui attend un bien quelconque, dans des suppositions qui ne sont
que probables. Cet avantage, dans la théorie des hasards, est le
produit de la somme espérée, par la probabilité de l’obtenir : c’est
la somme partielle qui doit revenir lorsqu’on ne veut pas courir
les risques de l’évènement, en supposant que la répartition se fasse
proportionnellement aux probabilités. Cette répartition est la seule
équitable, lorsqu’on fait abstraction de toutes circonstances étrangères; ¬
parce qu’un égal degré de probabilité, donne un droit égal
sur la somme espérée. Nous nommerons cet avantage, espérance
mathématique.
Lorsque l’avantage dépend de plusieurs évènemens; on l'obtient, villePrincipe,
en prenant la somme des produits de la probabilité de chaque évènement, -
par le bien attaché à son arrivée.