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œuvres d'art, des photographies, des dessins et des modèles industriels.
toutes ces circonstances réunies fournirent des arguments presque irrésistibles ¬
aux partisans des brevets, et déterminèrent une véritable révolution
dans l'opinion publique.
La législation antérieure était d'ailleurs telle, que la situation qui en
résultait n'eût pu se prolonger sans produire dans l'industrie de l'Allemagne, ¬
comme dans l'économie des lois impériales, un véritable chaos,
contrairement à l'article 4, paragraphe 5, de la Constitution de l'Empire, et
à la résolution prise par le Reichstag en 1872. La seule loi générale qui fût
en vigueur sur les brevets d'invention était une convention conclue le
21 septembre 1842 entre les divers Etats faisant alors partie du Zollverein,
confirmée par l'article 21 de la convention douanière du 8 juillet 1867 et
par l'article 40 de la Constitution impériale.
Cette convention, qui se bornait à déterminer sommairement les conditions ¬
nécessaires pour obtenir un brevet, les effets juridiques de ce brevet,
les causes qui pouvaient entraîner sa déchéance ou sa nullité, et enfin le
mode de sa publication, était reconnue tout à fait insuffisante. Les principes ¬
généraux posés par cette convention n'avaient pas empêché les vingtneuf ¬
législations allemandes relatives aux brevets d'arriver sur des points
de détail très-nombreux et d'une haute importance pratique à des solutions
différentes, qui enlevaient toute sécurité aux inventeurs et multipliaient
à l'infini les conditions qu'il leur fallait remplir pour faire reconnaître
leurs droits. Ces divergences s'étaient encore accrues, depuis que la
Confédération s'était augmentée des deux Etats de Mecklembourg-Schwerin
et Strelitz et des villes libres hanséatiques, qui ne reconnaissaient pas les
brevets d'invention, et la confusion avait été portée au comble, quand
l'Alsace-Lorraine, où s'appliquait la loi française, profondément différente
des législations allemandes, avait été annexée àl'Empire.
C'est ainsi que le système dit de l'examen préalable fonctionnait en
Prusse sous sa forme la plus rigoureuse, tandis que celui de la déclaration ¬
pure et simple subsistait en Alsace-Lorraine et dans le Palatinat bavarois, ¬
et qu'enfin un système tempéré d'examen préalable s'était établi
dans les autres pays allemands. Cela étant, et puisque l'article 4, paragraphe ¬
5, de la Constitution impériale proclamait la nécessité d'une législation ¬
uniforme en cette matière, il fallait ou voter une loi des brevets qui
fût applicable à tout l'Empire, ou supprimer complétement les vingt-neuf
lois relatives à cet objet, et proclamer que la contrefaçon pourrait librement
s'exercer dans tous les pays allemands. Le gouvernement ne pouvait évidemment ¬
pas; quelles que fussent peut-être les préférences secrètes de
ceux de ses membres qui partageaient les doctrines économiques de la
bureaucratie prussienne, adopter ce dernier parti, et prendre seul l'initiative ¬
d'une telle réforme, en contradiction avec toutes les législations européennes. ¬
C'eût été là retrancher l'Allemagne du concert industriel européen, ¬
et éloigner d'elle les inventeurs, en la signalant au monde comme la
terre classique de la piraterie et du brigandage intellectuels.
Les résultats de l'enquête ordonnée par le Conseil fédéral ont d'ailleurs