Inhaltsverzeichnis : Marcotti, Giuseppe: Guide-Souvenir de Florence et pays environments

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L’AUBE  DE  LA  RENAISSANCE.
Cimabue,  qui  laisse  à  peine  deviner  un  soupçon  de  vie  humaine  dans  la
rigidité  des  traditions  hiératiques  et  du  style  byzantin,  aux  yeux  des
Florentins,  fit  l’effet  d’une  révélation,  d’une  révolution.  Toutefois  la  ville
était  riche,  puissante  :  il  lui  fallait  des  églises  et  des  édifices  civiques
de  manière  a  éclipser  les  villes  rivales  :  ses  moines  dans  leur  grandiose
pauvreté  voulaient  Santa  Croce  et  Santa  Maria  Novella;  la  justice  exécutive -
  voulait  sa  forteresse  du  Bargello  ;  les  citoyens  voulaient  Santa
Maria  del  Fiore  et  son  Campanile;  les  marchands  voulaient  Orsammichele; -
  la  Seigneurie  voulait  son  palais  et  sa  loggia;  la  Confrérie  del
Bigallo  voulait  sa  résidence:  il  fallait  bâtir  et  decorer  :  Florence  avait
les  moyens,  elle  eut  les  hommes  qui  lui  donnèrent  son  art  :  deux  surtout, -
  venus  de  la  campagne,  Arnolfo  et  Giotto,  pendant  que  Dante  fixait
sa  langue  et  sa  poésie.
Faire  beau  et  faire  grand:  voilà  le  programme  qui  était  dans  la
conscience  de  la  population,  qui  s’imposait  comme  une  question  d’honneur -
  municipal  et  qui  était  positivement,  magnifiquement  motivé  dans
les  décrets  publics  de  ces  entreprises  :  et  (ce  qui  ressort  surtout  dans
l’édification  de  la  cathédrale,  histoire  que  nous  ne  pouvons  pas  ici  détailler) -
  une  fois  adopté  le  projet,  choisi  l’artiste  (le  maestro),  approuvé
le  dessin,  l’opinion  publique  ne  restait  pas  étrangère  à  la  marche  du
travail  :  1’  Opera  (la  maîtrise)  ne  contrôlait  pas  seulement  l’économie  de
l’entreprise,  elle  en  surveillait  le  développement  technique  et  artistique,
en  discutait  les  plans  et  les  détails,  proposait  ou  approuvait  les  modifications; -
  elle  demandait  souvent  sur  tel  et  tel  point  le  jugement  des
plus  experts  et  même  de  tous  les  citoyens,  elle  écoutait  toujours  les
avis  de  l’opinion  générale.  De  la  sorte  toute  la  ville  ne  contribuait  pas
seulement,  elle  collaborait  à  l’entreprise,  désireuse  que  son  argent  fût  convenablement -
  dépensé,  désireuse  que  la  réussite  fût  honorable  pour  la
commune.
Avec  une  population,  dont  l’intelligence  était  développée  depuis  quelques -
  générations  par  l’industrie,  par  le  commerce,  par  la  politique,  par
l’instruction  primaire  très  répandue,  par  l’érudition  classique  à  la  mode
par  la  poésie  et  par  la  prose  littéraire  qui  avaient,  dans  le  langage
citoyen,  détrôné  le  bas-latin  scolastique,  theologique  et  curial,  on  conçoit
facilement  que  de  cette  façon  l’éducation  esthétique  devait  se  faire  rapide
et  sûre.  En  1350  la  Confrérie  des  peintres  était  fondée  sous  le  patronage
de  San  Luca  :  et  l’année  suivante,  puisque  la  peste  avait  diminué  considérablement -
  le  nombre  des  architectes  et  des  sculpteurs  florentins,  on  autorise -
  la  liberté  de  leur  art  aux  maestri  étrangers.  Le  besoin  de  l’art
devenait  irrésistible  et  par  conséquent  le  goût  florentin  était  formé.
Nulle  part  en  Italie  l’architecture  ogivale  reçut  avec  l’interprétation
d’Arnolfo  et  des  autres  une  adaptation  plus  italienne  qu’à  Florence  :
nulle  part  elle  eut  ce  bonhour  et  cette  aisance  dans  la  fusion  de  l’ogive
avec  le  plein-cintre  :  cette  ampleur,  cette  élégante  simplicité,  cotte  clarté,
cette  logique  de  lignes  qui  sont  le  caractère  des  productions  classiques  :
voilà  l’architecture  florentine.
Dans  la  décoration  par  la  peinture  Giotto  eut  une  école  très  nombreuse -
  qui  marcha  fidèlement  à  la  suite  du  maître:  dans  ses  fresques
et  dans  ses  tables,  dans  les  légendes  hagiographiques,  dans  les  grands
crucifix,  dans  les  allégories  mystiques  à  Santa  Croce,  à  Santa  Maria
Novella,  dans  les  tableaux  à  l’Académie  des  beaux-arts,  ce  n’est  pas
toujours  la  même  main,  mais  c’est  toujours  la  même  façon  :  les  giottesques -
  font  peuple:  les  sujets  sacrés  portaient  naturellement  à  l’inspiration -
  mystique,  allégorique,  idéaliste  :  mais  la  vérité  de  la  vie  humaine,
la  réalité  de  la  nature,  la  clarté  de  la  couleur  commencent  à  se  faire  jour  :
ingénument  nous  sommes  à  l’époque  héroïque  de  la  peinture  florentine.
En  même  temps  Giotto  exerçait  son  influence  dans  le  développement -
  de  la  sculpture  ;  les  bas-reliefs  des  deux  premiers  étages  du  Campanile, -
  en  partie  travaillés  par  lui,  en  partie  par  Andrea  Pisano  sur  ses
            
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