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Les avocats et les gens de lettres veulent avoir leurs maisons encore plus élégantes -
et plus spacieuses, à cause de la multitude de monde qu'ils sont obligés
de recevoir.
Enfin les personnes de plus haute condition, qui occupent les plus grandes
charges de la magistrature et les plus grands emplois dans les affaires, doivent,
pour recevoir le public, avoir des vestibules magnifiques, de grandes salles, des
péristyles spacieux, des jardins avec de longues allées d'arbres, et il faut que
chez elles tout soit beau et majestueux. Elles doivent avoir en plus des bibliothèques, -
des galeries de tableaux et des Basiliques (2), qui rivalisent de magnificence -
avec celles qui font partie des édifices publics, parce que dans ces maisons -
il se fait souvent des assemblées, soit pour les affaires de l'état, soit pour
rendre des jugements, arbitrages, pour terminer les différends des particuliers.
Les édifices étant ainsi disposés selon les différentes conditions des personnes,
on peut dire que l'on aura satisfait aux règles de la Bienséance dont il a été parlé
dans le premier livre, et l'on n'y trouvera rien à critiquer, puisque chaque maison -
réunira, selon les convenances, tout ce qui peut lui être commode et approprié. -
Ces règles de disposition ne doivent pas servir seulement pour ordonner et
distribuer les maisons de ville, mais aussi celles de la campagne, qui ne sont
différentes les unes des autres qu'en ce qu'aux maisons de la ville les vestibules
sont proches de la porte, et à celles de la campagne, qui ne sont pas de simples
métairies, la partie affectée au logement du maître a d'abord un péristyle, et
(2) NoTES DES NOUVEAUX ÉDITEURS. A Rome, les
juges et les arbitres étaient toujours pris parmi les citoyens -
les plus distingués. Lorsqu'il survenait un
différend entre les particuliers, le demandeur priai
le préteur de lui donner un tribunal ou un juge ; s'il
lui donnait un juge, c'était ou un juge proprement
dit ou un arbitre; s'il lui donnait un tribunal.
c'était celui des commissaires qu’on appelait Recuperatores, -
ou celui des centumvirs. Ce fut d'abord parmi
les sénateurs qu'on prit les juges pour les affaires
des particuliers. Mais, l'an 631 de la fondation de
Rome, le tribun Sempronius Gracchus publia une
loi qui ôtait aux sénateurs le pouvoir de juger, et le
transportait à l'ordre des chevaliers. Cependant, quelque -
temps après, le droit de juger fut commun aux
uns et aux autres. Ces juges s'assemblaient quelquefois -
dans les basiliques qui faisaient partie des édi¬VITRUVE,
fices publics, dont Vitruve a décrit la construction et
la forme dans le premier chapitre du cinquième livre.
Mais on conçoit que, dans le temps de la grande richesse -
de Rome, il était impossible de rendre dans les
basiliques publiques tous les jugements qu'entraînait -
la quantité de différends qui survenaient entre
les citoyens qui formaient son immense population.
Les juges et les arbitres rendaient donc cette justice -
chez eux, le luxe ayant été porté à un point incroyable -
dans cette ville ; la noblesse, c'est-à-dire
les sénateurs et les chevaliers, auxquels était réservé -
le droit de juger, firent construire chez eux des
basiliques, à l'instar de celles qui faisaient partie des
édifices publics. Voilà pourquoi Vitruve, dans ce
chapitre, veut qu'une Basilique, avec ses accessoires,
se trouve au nombre des édifices qui composaient
l'habitation de la noblesse romaine.