INTRODUCTION GÉNÉRALE.
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Nous devons suivre le développement de cette doctrine ¬
avec d'autant plus d'attention, qu'elle est encore à
la base du droit international privé consacré par le Code
civil. Le but qu'elle se proposait d'atteindre n'était pas
de ramener le droit à l'unité dans toute l'étendue du
territoire, mais bien seulement de chercher les moyens
d'établir quelque harmonie dans l’application des nombreuses ¬
coutumes juxtaposées les unes aux autres. Il fallait, ¬
pour atteindre ce but, fixer autant que possible
leurs compétences respectives. L'idée d'un droit unique
et commun ne manquait certainement pas de séduction; ¬
mais elle était d'une réalisation tellement éloignée
qu'elle n'apparaissait que comme un rêve d’avenir lointain. ¬
On dut se demander si, malgré sa grande diversité, le
droit ne peut pas être ramené à un petit nombre d'éléments ¬
dont chacun se trouve soumis, naturellement, à la
compétence de telle loi plutôt qu'à celle des autres; c'est
ainsi qu'on fut conduit à l'ancienne théorie des statuts.
27.— On entend généralement par statut, une loi
spéciale traitant de telle ou telle matière de droit. On
désignait, particulièrement, par ce mot les règles de droit
admises dans les villes italiennes du moyen âge. De ce
sens originaire, on en a déduit un technique et dérivé,
que l'on retrouve encore à la base de notre doctrine : le
mot statut s'applique à une matière de droit rentrant
sous la compétence spéciale de telle loi. L'autorité de
cette loi doit se renfermer, suivant les cas, dans le territoire ¬
qui lui est propre ou s'étendre au delà. Pris dans