INTRODUCTION.
serait présent à ses yeux. L’esprit humain offre dans la perfection
qu’il a su donner à l’Astronomie, une faible esquisse de cette intelligence. -
Ses découvertes en Mécanique et en Géométrie, jointes à
celle de la pesanteur universelle, l’ont mis à portée de comprendre
dans les mêmes expressions analytiques, les états passés et futurs
du sytème du monde. En appliquant la même méthode à quelques
autres objets de ses connaissances, il est parvenu à ramener à des
lois générales, les phénomènes observés, et à prévoir ceux que des
circonstances données doivent faire éclore. Tous ses efforts dans la
recherche de la vérité, tendent à le rapprocher sans cesse de l’intelligence -
que nous venons de concevoir, mais dont il restera toujours
infiniment éloigné. Cette tendance propre à l’espèce humaine, est ce
qui la rend supérieure aux animaux; et ses progrès en ce genre,
distinguent les nations et les siècles, et font leur véritable gloire.
Rappelons-nous qu’autrefois et à une époque qui n’est pas encore
bien reculée, une pluie ou une sécheresse extrême, une comète
traînant après elle une queue fort étendue, les éclipses, les aurores
boréales et généralement tous les phénomènes extraordinaires étaient
regardés comme autant de signes de la colère céleste. On invoquait
le ciel pour détourner leur funeste influence. On ne le priait point de
suspendre le cours des planètes et du soleil : l’observation eût bientôt
fait sentir l'inutilité de ces prières. Mais parce que ces phénomènes
arrivant et disparaissant à de longs intervalles, semblaient contrarier
l’ordre de la nature; on supposait que le ciel les faisait naître et les
modifiait à son gré, pour punir les crimes de la terre. Ainsi la longue
queue de la comète de 1456 répandit la terreur dans l’Europe, déjà
consternée par les succès rapides des Turcs qui venaient de renverser ¬
le Bas-Empire. Cet astre, après quatre de ses révolutions,
a excité parmi nous un intérêt bien différent. La connaissance des
lois du système du monde, acquise dans cet intervalle, avait dissipé
les craintes enfantées par l’ignorance des vrais rapports de l’homme
avec l’univers; et Halley ayant reconnu l’identité de la comète, avec
celles des années 1531, 1607 et 1682, annonça son prochain retour
pour la fin de 1758 ou le commencement de 1759. Le monde savant
attendit avec impatience, ce retour qui devait confirmer l’une des
plus grandes découvertes que l'on eût faites dans les sciences, et