Contents : Lyon-Caen, Léon: ¬La femme mariée allemande

17
DES  ORIGINES  AU  MOYEN  AGE
un  même  principe  qui  confisquait  les  biens  et  la  personnalité
de  l'épouse.  Mais  cette  situation  juridique  n'entraînait  pas  pour
la  femme  une  situation  morale  correspondante,  et  à  côté  de
cette  infériorité  légale,  les  mœurs  lui  faisaient  une  place  importante ¬
  au  foyer  et  dans  la  tribu.  Les  vieux  documents  nous
la  montrent  environnée  de  respect,  parfois  même  d’une  vénération ¬
  mystique.  Inesse  quin  etiam  sanctum  et  aliquid  providum -
  putant,  dit  Tacite  (1),  qui  nous  la  fait  voir  aussi  associée ¬
  aux  périls  de  ses  frères  et  de  son  époux  et  les  accompagnant ¬
  au  combat  :  laborum  periculorumque  socia  (2).  Elle
est  la  gouvernante  du  ménage  .  delegata  domus  et  penatium
et  agrorum  cura  feminis  (3),  et  Schrœder  lui  donne  déjà
das  Regiment  der  Schlüssel,  origine  de  la  future  Schlüsselgewalt, ¬
  c'est-à-dire  la  pleine  capacité  dans  les  affaires  domestiques ¬
  (4).
Ce  point  de  vue  moral  est  trop  en  dehors  du  droit  pour  que
nous  nous  y  arrêtions  longtemps  (5).  Il  a  pourtant  son  importance. ¬

D'abord  il  nous  montre  déjà  dans  les  temps  reculés  une  de
ces  œuvres  de  déformation  du  droit  par  les  mœurs,  de  transposition ¬
  de  la  loi  par  la  pratique,  si  fréquentes  dans  le  droit
matrimonial  (6).
(1)  Germanie,  chap.  8.
(2)  Id.,  chap.  18.
(3)  Id.,  chap.  15.
(4)  SCHRŒDER,  op.  cit.,  1re  partie,  p.  127.
(5)  STAMMLER  (op.  cil.,  p.  6),  parle  de  la  «  Hochstellung  der  Frau  im
inneren  Leben  »,  et  de  sa  «  Unterordnung  im  vusseren  ».  —  SouM,  Stellung
der  Frau  im  deutschen  Recht,  dans  la  Deutsche  Rundschau,  dit  dans  le  mème
sens  :  «  Die  Frau  ist  Herrin  im  Gebiele  der  Sitte,  Unterthanin  auf  dem
Gebiete  des  Rechtes  ».
(6)  Ce  contraste  dans  la  condition  de  l'épouse  est  relevé  par  Paul  GIDE  (Condition ¬
  privée  de  la  femme,  p.  201)  comme  un  trait  distinctif  des  sociétés  patriarcales. ¬
  Il  le  trouve  en  Palestine,  dans  l'Inde,  dans  la  Grèce  héroïque  et  la
Rome  primitive.  On  le  constate  aussi  dans  les  sociétés  modernes.
Tout  le  monde  sait  que  la  condition  concrète  de  l'épouse  dans  notre  com¬
            
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.

powered by Goobi viewer