Full text: Le Pois, Antoine: DISCOVRS SVR LES MEDALLES ET GRAVEVRES ANTIques, principalement Romaines

114.

opinion, que l'image de Dieu se peust figurer & representer, ou par figure humaine, ou figure d'aucuns animaux. Et ne fut du commẽcement à Rome ny image peinte, n'aucun simulachre faict, auant cent & septante ans: bien faisoyent-ils temples, & quelques petites logettes consacrees aux dieux, mais c'estoit sans y apposer aucune image corporee & materielle: comme si ce fust mal-faict de faire conference, similitude, ou ressemblance de choses beaucoup meilleures, par choses pires & beaucoup inferieures: & comme si Dieu se peust mieux entendre & cognoistre, que par intelligence & consideration spirituelle. Autant en disent Denys Halicarnasse, Tertullian,

Clement Alexandrin, Eusebe, & S. Augustin allegãt pour son autheur ce grãd personnage Varron, qui disoit que si cela eust tousiours duré, les dieux eussent esté trop plus purement & saintement seruis & honorez. Adioustoit, que ceux qui premiers auoyent mis en auant les simulacres en leurs citez, n'auoyent gueres faict pour icelles: car par ce moyen ils leur auoyent osté toute crainte des dieux, les surchargeans dauantage de nouuel erreur. Ainsi iugeoit il prudemment, que les dieux pouuoyent estre oubliez & contemnez où il y auoit parade, & folle erection de tous tels simulachres & Idoles. Voyla ce qu'escrit ledit S.Augustin au lieu preallegué. Iustin Philosophe & Martyr, en son traicté de la Monarchie de Dieu, remarque l'opinion qu'en auoyent quelques anciens poëtes Grecs, & recite aucuns de leurs vers: lesquels, pour la grauité des sentences qu'ils contiennent, sont icy inserez.
De Sophocle.
De vray n'y a qu'vn seul grand Dieu qui fist
Tout l'Vniuers, & ces bas lieux assist
Sur le grand dos de la grand' terre ferme:
L'air & le Ciel, qui en son tour enferme
Et couure tout, flots & vagues marines
Sont de ses mains les ouurages tres-dines:
Et si donna aux vents le soufflement
Qu'on voit en eux si fort & vehement,
Etl'Ocean embellist de mainte onde:
En somme il fit tout ce qui est au monde.
Mais nos esprits de plusieurs que nous sommes,
Sont pleins d'erreur, qui comme à mortels hommes,
Faisons aux Dieux par diuerses figures,
Sur grands tableaux de grandes pourtraitures:
Aux Dieux qu'auons faits par temerité,


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