Full text: Le Pois, Antoine: DISCOVRS SVR LES MEDALLES ET GRAVEVRES ANTIques, principalement Romaines

78.

   Voyla les plus communes & vsitees parties de l'As, monnoyees, dont on vsoit à Rome. Que si les autres parties dudit As n'ont esté monnoyees, & n'ont eu cours pour seruir de monnoyes, comme celles dont nous venons de parler: si est-ce toutesfois que les Romains s'en sont aidez & seruis, quand ils ont voulu peser quelque chose, ou bien partir & diuiser vn heritage, & telles choses qui se diuisent or dinairement entre les hommes. Somme, tout ce quise partissoit en douze parts & portions, estoit des anciens appelé As, & les parties appellees Onces. Ainsi As se partissoit en douze onces. Et ces douze auoyent diuers noms.
I Once.
II Onces se nõmoyent Sextãs.
III Onces, Quadrans.
IIII Onces, Triens.
V Onces, Quincunx.
VI Onces, Semis ou Semissis.
VII Onces, Septunx.
VIII Onces, Bes ou Bessis.
IX Onces, Dodrans.
X Onces, Dextans.
XI Onces, Deunx.
XII Onces, As ou Assis.

   As dupondius, autrement dit Dupondium, estoit double As, à

sçauoir, de deux liures, ou de vingtquatre onces: & valoit huit deniers tournois, & plus. Combien que quelquesfois Dypondion aux Grecs se prent pour l'As Papyrian ou semuncial, qui n'estoit que de demie once, ou quatre drachmes. De ceci est autheur Cleopatra.
   Tressis valoit trois Asses.
   Quadrassis, quatre Asses. Et ainsi des autres iusqu'à Nonussis.
   Nonussis, neusf Asses.
   Decussis, dix Asses.
   Vicessis, vingt Asses.
   Tricessis, trente Asses: & ainsi des autres dizaines iusqu'à Centussis.
   Centussis, cent Asses: qui est la derniere & plus haute monnoye de cuiure, que les Romains ayent eu.
   Faut icy noter pour la lecture des historiens Romains, que ce mot AEs, c'est à dire, airain ou cuiure, souuent se prent pour ce que nous auons dit estre As: comme, qui disoit, Mille de cuiure, il entendoit mille Asses, qui valoyent cent deniers d'argent. Mesme AEs se prenoit pour toute pecune, de quelque metal que ce fust: comme

en S. Marc, où Iesus Christ regardoit le peuple mettant l'airain ou cuiure (c'est à dire toute sorte de pecune) dedans le tronc ou coffre, qui estoit le receptacle de ce qu'on donnoit au temple.
F.ij.


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