Full text: précedée d'un abrége de l'histoire florentine (1)

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est aussi le proprietaire d'un precieux recueil de dessins d'ar¬ 
chitecture de la main de Raphaël d'Urbin, de Buonarroti, de 
Buontalenti et d’autres artistes célèbres. 
(163) Le casino est un hôtel, où la seule noblesse se ras¬ 
semble: il est situé près du pont de la Trinité. 
(164) Un gránd concours de monde afflue de toutes parts 
sur le marché- neuf, à l’occasion d’une fête populaire qui a 
lieu la veille des rois, et qui s’ appele Befana, abréviation 
du mot epiphania (apparition). Dans la soirée du 5. janvier, 
on habille en homme ou en femme des mannequins, et quel¬ 
que fois même on fait travestir des hommes choisis parmi la 
populace; et on leur fait parcourir la ville, assis sur des tom¬ 
bereaux, au bruit de tambours et de trompettes en verre. On 
fait accroire aux enfans que la befana est une vieille femme 
qui vient clandestinement apporter des bonbons à ceux qui 
ont été sages, et piquer le ventre à ceux qui ont été méchans : 
c’est pourquoi on leur fait attacher des bas dans la cheminée. 
Manni pense que cette fête, chez-nous très-ancienne, soit la 
représentation de la venue des mages; que les habillemens 
singuliers des befane rappelent l’ étrange costume des rois, 
que les bonbons pour les enfans soient les présens que les 
rois offrirent au Sauveur; et que les maux dont on ménace 
les enfans indiquent le massacre des innocens. Telles sont les 
conjectures principales quí viennent à l’appui de l’opinion de 
Manni, que je prefere à toute autre, parcequ’elle parait la 
plus naturelle. 
(165) Près du marché-neuf est une rue dite calimara, mot 
formé de callis malus, parcequ’elle conduisait dans la maison 
de prostitution incorporée dans la juiverie. Cette même rue 
fut encore appelée francesca (française), à cause du com 
merce que l’on y faisait exclusivement des draps de France, 
et des autres pays étrangers. Les Ultramontains fabriquaient 
les draps, et comme la manière de les perfectionner leur é¬- 
tait inconnue, ils les envoyaient à cet effet à Florence, la 
seule ville où l’on sût alors leur donner la dernière main d’oeu 
vre. Un pareil commerce qui nous rapportait des profits con¬ 
sidérables, était déjà en activité dépuis 1204; mais il tomba 
en décadence dans le XVI. siècle, lorsque les étrangers éta¬ 
blirent chez-eux les ateliers nécessaires au perfectionnement 
de ce genre de travail. J’ajouterai au sujet de cette rue, que 
c’est ici où avait sa boutigue, au commencement du XV. siè¬ 
cle, le célèbre barbier Burchiello , inventeur d’un genre de 
poësie, qui cache sous l’énigme la plus piquante mordacité 
Léonard Dati qui le connut particulièrement, l’a jugé mieur 
que personne, en disant: 
Burchius qui nihil est, cantu tamen allicit omnes.
	        
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