Objekt : Mairan, Jean Jacques: Traité physique et historique de l' aurore boréale

DE  L'AURORE  BORÉALE.  Sect.  III.  153
éxemple,  &  qu'elles  sont  accompagnées  de  jets  de  lumiére,
ces  jets  sont  toûjours  des  Colomnes,  des  bandes  ou  des  traînées,
&  jamais  que  je  scache,  des  Rayons  pris  au  sens  étroit  que
nous  leur  avons  donné  dans  le  Chapitre  V.  p.  118.  Ce  qui
est  très-analogue  à  la  formation  que  nous  avons  attribuée  aux
uns  &  aux  autres.  Car  1.  ces  objets  vûs  au  Midi  par  rapport ¬
  à  nous,  doivent  répondre  encore  beaucoup  en  deçà  de
l'Equateur  à  notre  Hémisphere  Polaire.  D'où  il  arrive  que
la  matiére  Zodiacale,  qui  tombe  actuellement  en  ces  endroits,
tend  à  ſe  porter  vers  le  Pose  Boréal,  par  les  raisons  que  nous
en  avons  alléguées,  &  qu'elle  ne  peut  s'y  assembler  en  assés
grande  quantité,  ou  sous  la  forme  nécessaire,  pour  y  produire ¬
  l'apparence  du  Segment  obscur.  2.  On  n'y  voit  aussi
presque  jamais  que  des  bandes  lumineuses  ou  colorées,  qui
partent  quesquefois  d'un  centre,  qui  vont  aboutir  vers  se
Nord,  le  Nord-Oüeſt,  ou  le  Nord-Est,  &  qui  se  dissipent
bientôt.  Car  c'est  au  Nord  enfin,  comme  nous  l'avons  remarqué, ¬
  que  le  Phénomene  va  s'arrêter  à  demeure,  sans  qu'il
en  reste  de  trace  vers  le  Midi.  3.  Les  rayons  dépendant,
comme  nous  l'avons  expliqué,  des  breches  &  des  éruptions
subites  de  lumiére  qui  se  font  dans  un  grand  amas  de  matiére,
tel  que  celui  du  Segment  obscur,  il  ne  doit  point  y  en  avoir,
ou  ils  doivent  être  fort  rares  dans  tous  ces  Phénomenes  dont
la  ſituation  ne  favoriſe  point  cet  amas.
Je  nomme  Aurores  Boréales  Infornes,  celles  qui  ne  se
manifestent  que  par  une  matiére  fumeuse  &  obscure  à  sa
partie  inférieure,  mais  blanche  &  claire  au  dessus,  vaguement
répanduë  par  pelotons  dans  le  Ciel,  &  presque  toûjours  pourtant ¬
  avec  quelque  gros  nuage  ou  brouilsard  plus  marqué  du
côté  du  Nord  qu'ailleurs,  sans  que  l'on  puisse  attribuer  cette
clarté  &  cette  blancheur  de  leur  partie  supérieure  à  aucune
autre  cause  qu'à  celle  de  l'Aurore  Boréale.  Nous  avons  déja
remarqué  que  ces  Phénomenes  doivent  être  &  qu'ils  sont  en
effet  plus  ordinaires  depuis  le  Solstice  d'Hiver  jusqu  au  Solstice
d'Eté,  &  surtout  au  Printemps,  que  depuis  le  Solstice  d'Eté
Sute  des  Mem.  de  1731.
            
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