Inhaltsverzeichnis : Vitruvius: Les Dix Livres D'Architecture De Vitruve

LIVRE
A  &  les  cinque  autres  Planettes,  nous  remarquerons  que  leur  mouvement  qui  nous  apporte  la  CHATI
lumiere  &  fait  meurir  les  fruits,  est  causé  par  une  Machine  qui  les  fait  tourner.  Et  c'est
sur  ces  modeles,  que  les  anciens  ont  invente  des  Machines  si  utiles  &  si  necessaires  à  la  vie,
&  qu'ils  ont  rendu  des  ouvrages  aisez  à  faire  par  le  moyen  des  Machines  &  des  Organes
qu'ils  ont  perfectionnez  de  plus  en  plus  par  leur  étude  &  par  leur  industrie,  lorsqu'ils  en
ont  reconnu  la  necessité
Ce  qui  est  le  plus  necessaire,  &  qui  a  dû  estre  inventé  avant  toutes  les  autres  choses,
est  le  vestement:  pour  l'inventer  il  a  fallu  à  l'aide  de  plusieurs  instrumens,  trouver  moyen
d'entrelacer  la  chaisne  avec  la  treme,  &  cet  entrelacement  a  produit  une  chose  qui  n'est
pas  seulement  necessaire  pour  couvrir  le  corps,  mais  qui  luy  sert  d'un  grand  ornement.
Nous  n'aurions  aussi  jamais  eu  l'abondance  des  fruits  dont  nous  sommes  nourris,  si  l'on
B  n'avoit  trouvé  l'invention  de  se  servir  de  bœufs  &  de  charruës:  &  sans  les  moulinets  &  les
leviers  qui  servent  aux  pressoirs,  on  ne  pourroit  faire  des  huiles  claires  &  des  vins  agreables -
  comme  nous  les  avons:  &  tous  ces  biens  ne  pourroient  estre  portez  d'un  lieu  en  un  autre, -
  si  l'on  n'avoit  inventé  les  charrettes,  les  haquets  &  les  batteaux  pour  les  transporter
sur  la  terre  &  sur  l'eau.  Les  balances  &  les  trebuchets  ont  aussi  esté  trouvez,  afin  de  faire
sçavoir  quel  est  le  poids  de  chaque  chose,  &  pour  empescher  les  tromperies  qui  se  font
contre  les  loix.
Il  y  a  une  infinité  d'autres  Machines,  dont  il  n'est  point  necessaire  de  parler  presentement, -
  parcequ'elles  sont  assez  connuës,  comme  sont  les  roues,  les  soufflets  des  ouvriers,
*  les  carrosses,les  chaises  roullantes,  le  tour,  &  les  autres  instrumens  dont  on  use  d'ordi-  Cisia.
naire.  Mais  il  faut  commencer  à  parler  des  Machines  qui  sont  plus  rares,  &  les  expli¬C -
  quer,  afin  qu'on  entende  quelle  est  leur  fabrique.
1.  LES  CHAISES  ROULANTES.  Les  Anciens  avoient  Ciceron  les  appelle  chaises  volantes:  aujourd'huy  nous  les
des  carosses  à  deux  rouës  qu'ils  appelloient  Cisia,  dont  ils  se
appellons  chaises  roulantes.
servoient  pour  aller  commodement  &  en  grande  diligence.
CHAPITRE  II.
CHAP.  II.
Des  Machines  qui  sont  faites  pourtirer,  &  dont  on  se  sert  aux  Temples
&  aux  Ouvrages  publics.
Ous  traiterons  en  premier  lieu  des  Machines  qui  sont  necessaires  pour  la  construction -
  des  Temples  &  pour  les  autres  ouvrages  publics:  elles  se  font  en  cette  sorte.
D  On  dresse  trois  pieces  de  bois  proportionnées  à  la  pesanteur  des  fardeaux  que  l'on  veut
élever;  elles  sont  jointes  par  enhaut  avec  une  cheville,  &  écartées  pas  embas.  Le  haut  qui
*  est  attaché  &  retenu  des  deux  costez  par  des  écharpes,  soûtient  une  moufle,  appellée  par
*  quelques-uns?  rechamus,  dans  laquelle  on  met  deux  poulies,  qui  tournent  sur  leurs  goujons. -
  Le  cable  qui  doit  tirer,  ayant  esté  passe  sur  la  poulie  d'enhaut,  on  le  fait  passer  ensuite -
  sur  une  autre  poulie,  qui  est  dans  la  moufle  inferieure;  ensuite  on  le  fait  revenir  passer -
  sur  la  poulie  qui  est  au  bas  de  la  moufle  superieure;  &  on  fait  encore  descendre  la  corde -
  pour  en  attacher  le  bout  au  trou  qui  est  en  la  moufle  inferieure.  L'autre  bout  de  la  corde -
  descend  embas  vers  l'endroit  où  les  grandes  pieces  de  bois  équarries  se  retirent  en  arriere -
  en  s'écartant,  &  ausquelles  sont  attachées  les  amarres  qui  reçoivent  les  deux  bouts  du
Moulinet  afin  qu'ils  y  puissent  tourner  aisément.  Le  Moulinet  vers  chacun  de  ses  bouts  a
E  deux  trous  disposez  en  sorte  que  l'on  y  puisse  passer  des  leviers.  On  attache  à  la  partie  infequand -
  les  levres  sont  beaucoup  relevées  &  avancées  en  de
1.  UNE  MOUFLE.  Le  mot  Trochlea  est  icy  ce  que  nos
e  que  l'on  appelle  vulgairement  en  François  moufle
ouvriers  appellent  une  Moufle.  Ce  nom  tant  en  Latin  qu'e
François  est  donné  à  toute  la  Machine  à  cause  de  l'un
2.  RECHAMuS.  Ce  mot  qui  signifie  lan
de  ses  parties  :  Car  Trochlea  en  Latin  ou  Trochalea  en
oe  e
Trochlea  &  moufle  ,  ne  se  trouve  que  dant
Grec  signifie  proprement  une  poulie  qui  est  appellée  dans  le
une  des  deux  parties  de  la  moufle  qui  est  divisée  en  superieure
texte  de  Vitruve  orbiculus.  Or  le  nom  d'Orbiculus  aussi¬& -
  inferieure.  Ces  moufles  sont  des  morceaux  de  bois  da
bien  que  celuy  de  Trochlea  qui  signifie  une  rouê,  convient
lesquels  il  y  a  des  mortaises  où  les  poulies  sont  enc
mieux  à  une  poulie  qu'à  la  moufle  qui  est  quarrée  &  qui  en-L'effet -
  de  cette  machine  est  que  l'une  des  moufses  el
ferme  les  poulies  dans  des  mortaises.  Le  mot  de  moufl
tachée  au  haut  de  l'engin,  &  l'autre  au  fardeau,  la  cord
selon  son  etymologie  Françoise,  ne  convient  qu
approcher  lequi -
  le  doit  lever  produit  son  effet  en  faisan
lies  dont  la  moufle  est  composée,  &  qui  sont  appellées  moution -
  du  farmoufles -
  l'une  de  l'autre;  &  elle  facilite  l'éle
fles  à  cause  de  la  ressemblance  qu'elles  ont  à  la  bouche
Ffff
            
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