Volltext : Tome III (3)

LIBER  NONUS
Nobilibus  athletis  qui  Olympia,  Pythia, -
  Isthmia,  Nemea  vicissent,  Graecorum -
  majores  ita  magnos  honores
constituerunt  uti,  non  modo  in  conventu -
  stantes  cum  palma  et  corona
ferant  laudes,  sed  etiam  cum  revertuntur -
  in  suas  civitates  cum  victoria,
triumphantes  quadrigis  in  moenia  et  in
patrias  invehantur,  e  reque  publica
perpetua  vita  constitutis  vectigalibus
fruantur.
Cum  ergo  id  animadvertam,  admiror, -
  quid  ita  non  scriptoribus  iidem
honores  etiamque  majores  sint  tributi,
qui  infinitas  utilitates  aevo  perpetuo
omnibus  gentibus  praestant.
Id  enim  magis  erat  institui  dignum,
quod  athletae  sua  corpora  exercitationibus -
  efficiunt  fortiora  :  scriptores
non  solum  suos  sensus  sed  etiam  omnium; -
  let,  libris,  ad  discendum  et
animos  exacuendos  praeparant  praecepta. -

Quid  enim  Milo  Crotoniates,  quod
fuit  invictus,  prodest  hominibus?  aut
cetéri  qui  eo  genere  fuerunt  victores?
nisi  quod,  dum  vixerunt,  ipsi  inter
suos  cives  habuerunt  nobilitatem,
Pythagorae  vero  praecepta,  Democriti,
VITRUVE.  —  III.

LIVRE  NEUVIÈME
Pour  les  illustres  athlètes  qui  avaient
remporté  les  victoires  olympiques,
pythiques,  isthmiques,  néméennes,
les  ancêtres  des  Grecs  ont  institué  des
honneurs  si  grands,  que,  non  seulement -
  séance  tenante  ils  remportent,
avec  la  palme  et  la  couronne,  des  applaudissements; -
  mais  de  plus,  lorsqu'ils -
  reviennent  dans  leurs  cités  avec
la  victoire,  ils  sont  menés  triomphants
sur  des  quadriges  dans  leurs  villes  et
leurs  patrimoines;  et  que,  toute  leur
vie,  ils  jouissent  de  revenus  constitués
sur  le  trésor  public.
Aussi,  quand  j’y  songe,  je  me  demande -
  pourquoi,  ainsi  aux  écrivains,
de  semblables  honneurs  et  même  plus
grands  ne  sont  pas  accordés  :  eux  qui
rendent  d'infinis  services  à  tous  les
ages  et  à  toutes  les  nations.
Or  cela  mériterait  d’autant  plus
d'être  institué,  que  les  athlètes  par
leurs  exercices  fortifient  leurs  propres
corps;  les  écrivains  :  non  seulement
leurs  jugements,  mais  aussi  ceux  de
tous,  let),  par  leurs  livres,  préparent
des  préceptes  pour  s'instruire,  et  pour
aiguiser  les  esprits.
En  quoi  en  effet  Milon  de  Crotone,
parce  qu’il  fut  invaincu,  profite-t-il
aux  hommes,  (lui)  ou  ceux  qui,  en  ce
genre,  furent  vainqueurs?  Si  ce  n'est
parce  qu’eux-mêmes,  parmi  leurs  concitoyens, -
  tant  qu'ils  ont  vécu  ils  ont  eu
            
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