PRÉFACE.
L’architecture des édifices, celle qui fera le principal objet de notre
étude, Vitruve l’expose telle à peu près que la professaient les Grecs
deux siècles avant notre ère. Les monuments des âges antérieurs lui
semblent peu familiers : c’est de préférence chez les théoriciens de
l'école d’Alexandrie qu’il puise les préceptes; des chapitres entiers
paraissent provenir de ces emprunts.
L'état de conservation du livre. — Le traité, écrit par pages sur dix
rouleaux ou « volumina », était accompagné de figures placées tantôt
au bas des pages, tantôt à la fin d’un volumen :
Toutes les figures sont perdues.
Quant au texte, il nous est parvenu presque intact. Son obscurité
tient à la langue spéciale que le sujet exige, et à des incohérences de
doctrine où se trahit la diversité des sources.
Ajoutons que la composition n’est point irréprochable : questions enchevêtrées -
; interminables digressions jetées au travers du programme;
trop de métaphysique ; et, malgré la justesse parfaite des termes, une
prolixité fatigante ou l'excès de concision.
Notre essai d'interprétation. — Ainsi se présente le traité dont nous
tâcherons de recueillir les enseignements.
Dans la recherche du sens technique, les notions actuelles, les
données mêmes de l’archéologie peuvent susciter des entraînements
dangereux; à vouloir tout expliquer par les monuments, on risque de
prêter à l'auteur des idées qui ne sont ni celles de son temps ni les
siennes : nous croyons que la traduction doit être un calque où la grammaire -
prime la théorie.
C'est à ce point de vue que nous nous plaçons : En traduisant nous
nous préoccupons exclusivement d’établir ce que dit l’auteur ; dans un
aperçu analytique nous essayons de dégager le sujet principal des
digressions, marquer l'enchaînement des faits, et ressaisir la pensée.