LES ORDRES.
vr siècle, ils confient à l'architecte Chersiphron la mission de créer un
ordre nouveau, symbole de leur jeune nationalité :
Ce jour-là, l'ordre ionique aurait pris naissance.
Les Doriens avaient réglé sur les proportions de l’homme la hauteur
de la colonne, les loniens adoptent les proportions de la femme; ils
admettent successivement comme chiffre de cette hauteur, 8 fois, puis
9 fois la longueur du pied, et semblent envisager la colonne comme
une statue réduite à la simplicité architecturale.
Quant à l'aspect de l'entablement, ici encore c'est celui d'une construction -
en bois : mais les loniens cessent de mettre en évidence le
solivage; et, de la charpente du comble, ils rappellent seulement les
chevrons, dont les abouts deviennent des denticules.
La figure humaine aurait donc fourni les proportions et quelques
détails; la charpente, l'aspect général.
Convenait-il de transporter à des constructions de pierre les formes
d'une charpente? Les Grecs ne paraissent point avoir éprouvé ce scrupule -
: un bloc de pierre posé sur deux appuis réclamait des ornements;
les Grecs ont emprunté à la tradition ces accessoires qu’ils auraient
vainement demandés aux exigences matérielles.
LES DEUX ORDRES FONDAMENTAUX
Dégagée de son enveloppe légendaire, l’idée paraît revenir à ceci :
Il existe dans la nature deux sortes d’expressions bien distinctes,
réparties entre les deux grandes divisions de l’espèce humaine : d'un
côté, celles de la force; de l'autre, celles de la grâce.
Une bâtisse qui se réduit à des piliers et des poutres ne comporte
guère que ces deux expressions : plus ou moins de force ou de légèreté.
De là deux types généraux ou ordres :
L'ordre robuste est le dorique; l’ordre élégant et svelte, l’jonique.
Les autres ordres se présentent comme des variantes de ces deux
typés :
Le corinthien, une variété de l'ionique plus riche et plus légère:
Le toscan, une variété simplifiée du dorique.