LA DATE DE VITRUVE.
Si cel empereur appartenait à une dynastie telle que celle des Flaviens, -
assurément quelques noms de prédécesseurs figureraient dans les
longues préfaces historiques. Pas un ne s’y rencontre :
L'empereur régnant paraît n'avoir comme ancêtre politique qu'un
chef de parti' : la dynastie de cet empereur ne comprend que lui-même
et le « Divus Julius ».
Tout à l'heure nous entrevoyions le souvenir des discordes civiles
dans les préoccupations d’un siège. Lisons la dédicace, ce souvenir y est
sans cesse présent :
L’hommage, dit l’auteur, eût été indiscret alors que l’Empereur se
devait sans réserve au soin de réparer les malheurs de la guerre.
Aujourd’hui, le peuple romain est « délivré de la crainte » ; et son chef,
voué désormais à la paix, peut donner une part de ses soins aux monuments -
qui la consacrent : C'est bien là le langage d’un contemporain
d'Auguste.
On peut même serrer de plus près l'époque.
Vitruve désigne un sanctuaire de Fano sous le nom de « témple
d'Auguste » :
Cette dénomination implique une date antérieure à l’édit qui interdit
le culte du souverain.
D’ailleurs, en s’adressant à l’empereur’, l’auteur lui donne le titre
de « Cæsar » ou d’ « Imperator », et non celui d’Auguste qui devint
officiel à partir de l'an — 27 : Il paraît écrire à une époque où le cérémonial -
est encore flottant.
Chiffre rond : Un quart de siècle avant notre ère.
Acette conclusion, d'ingénieuses objections ont été opposées :
La question du « temple d’Auguste » et l’impropriété du titre de
César s’évanouiraient si l’on plaçait Vitruve au cours du re siècle; et
les allusions aux membres de la famille impériale seraient applicables
aux membres de la famille de Titus. — Cette hypothèse mettrait le
1. I préf. 2, 5; VIII III 58. — 2. V 1 25. — 3. I préf., etc.