SCIENCES PHYSIQUES.
Le contour des continents, il se le représente comme allongé de
l’Ouest à l’Est; et la direction normale des fleuves qui les sillonnent
serait du Nord au Sud'.
A la loi il n’aperçoit qu’une exception, le Nil ; ce qui nous vaut une
digression curleuse sur l’histoire de son cours :
Le Nil actuel provient, dit-il, du changement de direction d’un grand
lleuve issu du versant méridional de l’Atlas; et l’identité originelle est
attestée par la similitude des faunes :
Les anciens auraient-ils connu les attaches probables entre le Nil et
les fleuves d’Afrique qui se jettent aujourd’hui dans l’Océan? L’idée se
retrouve chez Pausanias’; peut-être est-elle empruntée à d’antiques et
sérieuses traditions de l’Egypte.
THÉORIE DES ÉLÉMENTS
Dans toutes ses explications, Vitruve invoque une théorie fort risquée,
celle des éléments constitutifs de l'univers? :
Les Egyptiens, et Thalès qui fut leur disciple, n’admettent qu’un seul
élément, l'Eau ;
Démocrite d’Ephèse substitue à l’Eau, le Feu;
Les Mages acceptent à la fois l’Eau et le Feu;
Euripide, que les anciens rangeaient parmi les philosophes, leur
adjoint la Terre;
Pythagore, Empédocle, Epichramne font entrer en ligne un quatrième
élément, l'Air;
Epicure fait intervenir, avec la nature des éléments, leur groupement
moléculaire.
Vitruve adopte la doctrine pythagoricienne, et attribue les propriétés
des divers corps à la prédominance de tel ou tel élément.
De là des explications de ce genre' :
Si le chêne se conserve sous l’eau, c’est que l’élément lerre y prédomine -
et laisse peu de place où l’eau puisse pénétrer.
1. VIII I11 16-19. — 2. Pausan. I XXXIII. — 3. II II; VIII préf. — 4. Il ix 25.