GEODÉSIE ET ASTRONOMIE
Comme préliminaire à l’étude des appareils de mesure du temps,
Vitruve présente, indépendamment des notions réellement pratiques
que nous avons exposées en leur lieu, des considérations astronomiques
et toute une description du ciel.
La revue des groupes d’étoiles' mérite tout au plus une mention :
elle n'ajoute rien au catalogue d'Hipparque, et n'en a pas la précision
chiffrée. On saisira tant bien que mal, à l'aspect d'une carte quelconque, -
les figures de constellations dont l’imagination des Grecs avait
peuplé le ciel et que Vitruve rapporte à Démocrite.
MESURE DU MÉRIDIEN (pl. 91, fig. 7)2
La longueur du méridien citée page 538 est celle que lui assigne
Eratosthène.
Eratosthène, dit Vitruve, aurait procédé « per solis cursum et umbras
gnomonis aquinoctiales, et inclinationem cœli ». Ce qui paraît l’énoncé
vague d’une méthode connue par Cléomède :
Mesurer la distance de deux stations situées sur un même méridien;
et déterminer simultanément, en ces deux stations, l’inclinaison que
prend l’ombre d’un style au moment où le soleil passe au méridien :
La différence des inclinaisons donne le nombre de degrés de la circonférence -
terrestre compris entre les deux stations.
En principe, les observations solaires peuvent se faire à une époque
quelconque; mais, à raison du rapide déplacement du soleil lors d’une
équinoxe, l’équinoxe est la date d’observation qui prête le plus aux
erreurs : la date la plus convenable serait celle où la position du soleil
1. IX III-v. — 2. I XI 32-35.