FORMULES BALISTIQUES
On peut donc sans hésitation lire pouces là où les manuscrits portent
« doigts » : Selon toute apparence l’unité était marquée par un signe
sur lequel les copistes se seront mépris.
Ajoutons que l’intention nettement exprimée par Vituve est de fournir
aux ingénieurs romains des chiffres utilisables sans conversions, sans
calculs, sous la menace de l’ennemi : un aide-mémoire. A coup sûr,
dans cet aide-mémoire il n'aura point fait usage d'unités grecques.
CARACTÈRE ALGÉBRIQUE ET PREMIÈRE APPROXIMATION DE LA LOI
LA FORMULE DE HÉRON
Cette rectification admise, essayons de dégager de la table vitruvienne
la loi dont elle est l’expression; en d’autres termes tâchons de reconstituer -
l’équation qui relie au poids du boulet le diamètre de l’écheveau.
La forme de l'équation nous est suggérée par un texte de Héron
d’Alexandrie, d’où il ressort que les Grecs considéraient le diamètre de
l'écheveau comme proportionnel à la racine cubique du poids du boulet.
Ainsi, en désignant par p le poids du boulet et par f le diamètre
module ou foramen, on aurait d'après Héron
— kVp;
Et, si la loi qu'il énonce est celle des Romains, il suffira pour calculer. -
k, de substituer dans cette équation les coordonnées d'un point
quelconque emprunté à Vitruve.
Nous choisirons un point pour lequel la lecture des manuscrits ne
prête à aucune discussion, et où la cote, non arrondie à l’unité, a chance
d'être exactement celle qui répond à la loi : nous prendrons le point
défini par les coordonnées p = 60 et f = 15,127.
La substitution donne
k = 3,3526.
Acceptons donc provisoirement la formule
f= 3,5526 p.
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