ARCHITECTURE MILITATRE.
le camp, et offrant un abri pour le montage des machines d'attaque,
L'engin usuel d'approche est (pl. 81, fig. 1) un blindage mobile que
l'on pousse devant soi, laissant probablement à l'arrière un passage
couvert en communication avec le camp. Ce blindage roulant, cette
« tortue » ouvre la voie, permet de combler les fossés, sert de bâti à des
béliers, et forme comme un poste avancé.
En même temps que les tortues se portent au pied des murs, des
tours roulantes dominent la ville.
RESSOURCES DE LA DÉFENSE
A ces moyens d’attaque, Vitruve oppose en premier lieu l’armement
de la place; puis, quelques artifices de détail, dont voici les principaux :
Pratiquer, dans la zone menacée, des excavations souterraines qui
s'effondreront sous le poids des machines;
Percer des galeries d'écoute, où le son, le frémissement d’une eau
calme, l'ébranlement de timbres métalliques révèlera le voisinage d’un
atelier de mineurs.
Opposer aux mines de l'attaque, des contre-mines permettant de les
couper ou de les inonder.
Projeter sur le sol où s'avancent les lourdes machines de l’assaillant,
de l'eau qui crée un marécage où elles s'enlisent;
Préparer sur la crête des murs, des lassos à treuil, permettant de
saisir les béliers par la tête et de les enlever.
Dans les ports, tendre des chaînes en travers de la passe.
Parmi les approvisionnements, Vitruve insiste sur la nécessité de se
pourvoir par avance d'amples réserves de bois à brûler : ce sont, dit-il.
celles qui s'improvisent le moins.
1. X XVI.