CONDUITES A TUYAUX DE POTERIE.
Question des « colliviaria ». — Ici se place un détail que les copistes
nous ont transmis sous cette forme :
« In ventre colliviaria sunt facienda, per quæe vis spiritus relaxetur ».
Comment entendre ces « colliviaria »?
Si l'on y voit des réceptacles de matières en suspension, ce sont des
bassins situés « in ventre » : or, quelques lignes plus loin, Vitruve interdira -
de disposer des bassins « in vallibus ».
Nous croyons qu’au lieu de « colliviaria », il convient de lire « colleniaria -
» : Il s'agirait tout simplement d’ « adoucis » ou, en d’autres
termes, de raccords en courbe.
Où la conduite se coude il se produit, dit Vitruve, des effets de choc
capables « de briser même des pierres » : Que l'on substitue des raccords -
aux coudes brusques, ces coups de bélier sont évités, et la masse
en mouvement « leniter tumescit ».
CONDUITES A TUYAUX DE POTERIE:
L'inconvénient du plomb, est de nuire à la salubrité des eaux : Si le
tracé ne comporte que de légères sinuosités ou des plongements peu
accentués, on devra préférer une conduite de poterie, qui en même
temps, sera moins coûteuse.
A raison de la fragilité des tubes, de l’imperfection des jointures et
de la difficulté d'obtenir des raccords en courbes, on observera les précautions -
suivantes :
1° A chaque changement de direction, fixer les tubes par un lest ou
des amarrages;
2° Prévenir les dislocations qui pourraient se produire à l’endroit
des coudes, en encastrant les tubes (pl. 73, fig. 6) dans de lourds
blocs de pierre qui les maintiennent par leur masse.
1. VIII vI 55-45.
VITRUVE. — I.