TRANSPORTS PAR ROULEMENT.
machines de guerre; elles donnent licu' à cette remarque fort judicieuse, -
qu’en fait de machines on s'’expose à de graves erreurs en essavant
de grandir ou de réduire l’échelle à proportion des fardeaux à mouvoir.
En somme, la machinerie vitruvienne est la nôtre : toute notre
supériorité réside dans l’emploi de moteurs dont l’antiquité ne soupconnait -
point l’existence.
ARTIFICES EMPLOYÉS POUR LE TRANSPORT DES GROS BLOCS
La traction par palans est essentiellement grecque : c'est une application -
de la machinerie navale, faite par un peuple de marins, et qui ne
paraît pas remonter au delà du vi siècle.
Jusque-là, les manœuvres de force s’opéraient par des procédés d’une
ingéniosité moins savante, dont Vitruve emprunte un exemple aux
chantiers du vieux temple d'Ephèse.
TRANSPORTS DES FUTS DE COLONNES PAR ROULEMENT
Pour conduire les blocs de la carrière au temple, il fallait franchir
des marécages. Les Grecs semblent avoir longtemps méconnu les services
que peut rendre une route; l’idée ne leur vint même pas de recourir à
une chaussée :
L'architecte Chersiphron, n’osant se fier à des chariots dont les roues
trop minces se seraient enlisées, imagina? (pl. 67, fig. 1) de supprimer
le chariot et de faire cheminer le fût par roulement.
Il habilla chacune des têtes d’un large revêtement en douves cerclées, -
encastra en leurs centres des broches de fer servant d’axes de
rotation, construisit un châssis d’attelage, et fit exercer la traction par
des bœufs.
Extension du procédé aux blocs des architraves. — Pour que le
procédé fût applicable, il n’était point nécessaire que le bloc fût cylin¬1. -
X XVI 12-16. — 2. X II 59.