Full text : Tome second (2)

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NOTES  DU  LIVRE  VI.
pluie  les  portes  et  les  fenêtres,  et  empêchaient  les  rayons  du  soleil
de  pénétrer  dans  les  appartements
20.  —  Displuviata  autem  sunt.  Pour  ne  pas  m'écarter  du  texte,
et  donner  au  mot  displuviata  toute  son  expression,  je  suppose,
dit  de  Bioul,  que  cette  cour  est  entièrement  découverte,  et  que
la  pente  des  toits,  au  lieu  de  verser  les  eaux  dans  la  cour,  les
verse  de  l'autre  côté,  c'est-à-dire  en  dehors.  Le  mot  stillicidium
signifie  ici,  comme  toutes  les  fois  que  Vitruve  l'emploie,  la  pente
du  toit  qui  est  favorable  à  l'écoulement  des  eaux.  Vitruve  (liv.  I1,
ch.  1)  appelle  les  toits  des  cabanes  des  premiers  hommes  stillicidia; -
  et  (liv.  Iv,  ch.  7),  en  parlant  de  la  forme  que  doit  avoir  le
toit  d'un  temple  toscan,  il  dit  :  stillicidium  tertiario  respondere
debet.  Pline  appelle  aussi  stillicidia  l'épaisseur  du  feuillage  des
arbres,  quand  elle  est  capable  de  mettre  à  couvert  de  la  pluie,
parce  que  l'eau  s'écoule  de  l'extrémité  des  branches,  comme  de
dessus  la  pente  d'un  toit.  J'ai  donc  représenté  cette  cour  entièrement -
  découverte,  sans  aucun  auvent;  et  la  pente  des  toits  n'est
pas,  comme  dans  les  autres,  dirigée  vers  la  cour,  mais  en  dehors,
du  côté  opposé,  comme  l'indiquent  les  expressions  stillicidia  rejiciunt -
  :  par  là  rien  n'empêche  la  lumière  de  pénétrer  dans  les
salles  à  manger,  non  obstant  luminibus  tricliniorum.
21.—  Testudinata  vero.  Si  l'on  fait  bien  attention  au  texte,
dit  de  Bioul,  et  si  l’on  n’oublie  pas  l’interprétation  qui  vient  d’être
donnée  du  mot  impetus,  on  verra  clairement  que  les  cours  voutées, -
  testudinatum,  étaient  entièrement  couvertes,  et  non  entourées
de  portiques  voûtés,  comme  l'a  cru  Perrault;  parce  que,  d'après
les  expressions  de  l’auteur,  on  ne  pouvait  faire  des  cours  couvertes -
  qu’autant  qu’elles  étaient  peu  spacieuses,  ubi  non  sunt
impetus  magni,  et  qu’on  avait  besoin  d’agrandir  par  ce  moyen  la
partie  supérieure  de  l'habitation  qui  se  trouvait  augmentée  de
tout  l’espace  qu’il  y  avait  au-dessus  de  la  cour.  Galiani  fait  observer, -
  en  outre,  qu’il  devait  naturellement  y  avoir  une  espèce
de  cour  entièrement  couverte,  et  qu'il  aurait  été  étonnant  que
Vitruve  ne  l'eût  pas  mise  au  nombre  des  cinq  dont  il  parle  dans
ce  chapitre  :  elle  ne  s'y  trouverait  pas,  en  effet,  si  la  cour  voûtée
était  telle  que  Perrault  la  représente.  Et  si  elle  était  telle,  ajoute
Galiani,  elle  ne  mériterait  pas  de  faire  une  espèce  séparée,  puisqu'elle -
  ne  diffère  pas  assez  de  la  cour  corinthienne  :  car  il  n'y  a
entre  elles  d'autre  différence,  sinon  que  la  couverture  des  portiques -
  de  l'une  était  portée  par  des  voûtes,  et  celle  de  l'autre  par
des  poutres.
L'atrium  testudiné,  dit  Le  Mazois  dans  son  magnisique  travail
            
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