NOTES DU LIVRE VI.
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moins ils sont hauts, plus les sons sont graves. Voyez le passage
d'Ausone, lett. XXV, v. 9.
Le phénomène dont parle ici Philander s'explique par la différence -
de grosseur que présente un arbre d'une de ses extrémités
à l'autre. Mais il n'en est pas d'un arbre comme d'une corde,
dont les sons seront d'autant plus aigus qu'elle sera plus mince;
ce ne sont point les branches, ce n'est point le tronc qui fait entendre -
des sons. L’air, en se précipitant sur eux, éprouve les
mêmes agitations sonores que lui fait éprouver une baguette
qu’on fait mouvoir régulièrement dans l’espace.
11.— Hoc autem ita esse, a serpentibus licet aspicere. Galien,
à la fin du second livre De affectis locis, dit que la chaleur accélère -
le mouvement dans l'animal; que le froid, au contraire, le
paralyse, l'amortit ; que c'est pour cette raison que les animaux
d'une nature plus froide ont coutume de se cacher pendant
l'hiver ; que, pendant cette saison, la vipère engourdie ne mord
point ; que dans l’été, au contraire, et surtout pendant la canicule, -
elle est pleine d'activité et de fureur. Voyez OVIDE, Métamorph., -
liv. I1, v. 173.
12.— Joois stella. Vitruve suit le système, qui porta par la
suite le nom de Ptolémée, qui place la terre au centre de l'univers,
et fait tourner autour d'elle toutes les planètes, en les supposant
s'éloigner de ce centre dans l'ordre suivant : la Lune, placée le
plus près d'elle, ensuite Mercure, Vénus, le Soleil, Mars, Jupiter -
et Saturne placé le plus loin. Comme Mars est très-près du
Soleil, on jugeait qu'il devait avoir très-chaud. Il n'en est pas
de même du système des pythagoriciens et de Cléante de Samos,
renouvelé par Copernic. Ils placent Mars beaucoup plus loin du
Soleil que la terre, tellement que par rapport à la terre , Mars
serait dans la classe des planètes les plus froides.
13.— Non enim veros videtur habere visus effectus, sed fallitur -
sœpius judicio ab eo mens. Il y a, dit Perrault, deux choses
dans la vue : l'impression, c'est-à-dire la réception de l'image de
l'objet dans l'organe, et la réflexion que fait naître cette image,
ce qui peut s'appeler le jugement. Or, ce jugement est de deux
espèces : par l'une on juge de la bonté, de la beauté, de l'utilité
et des autres qualités qui se connaissent quand on les a examinées -
à loisir ; par l'autre on juge de la grandeur, de la figuré, de
la couleur, de la distance des objets à l'instant même où on les
aperçoit; c'est ce qu'on appelle le jugement de la vue. Mais pour
entendre ce que veut dire Vitruve, il faut considérer que ce juge¬