Full text : Tome second (2)

NOTES  DU  LIVRE  VI.
effet  des  horizons  différents.  Or,  l'horizon  est  un  cercle  qui  rase
la  surface  de  la  terre,  et  qui  sépare  la  partie  visible  de  la  terre  et
du  ciel,  de  celle  qui  est  invisible.  Ce  mot,  purement  grec,  signifie
à  la  lettre  finissant  ou  bornant  la  vue,  ki,  termino,  definio,
d'où  en  latin  finitor.
4.  —  Ceteris  terrarum  et  regionum  proprietatibus  oportere
videntur  constitui  genera  œdificiorum.  Bien  que  ce  précepte  saute
aux  yeux,  les  architectes  ne  sauraient  trop  se  pénétrer  de  cette
idée,  que  ce  n'est  point  seulement  par  imitation  qu'ils  doivent
procéder,  et  que  ce  serait  grandement  se  tromper  que  de  transporter -
  l'architecture  italienne  dans  les  pays  septentrionaux;
qu'avant  de  tracer  un  plan,  ils  doivent  étudier  la  nature  du  climat, -
  connaître  les  mœurs  et  les  habitudes  du  pays.
5.—  Hœc  autem  ex  natura  rerum  sunt  animadvertenda,  et
consideranda,  atque  etiam  ex  membris  corporibusque  gentium
observanda.  Montesquieu,  dans  le  xive  livre  de  l'Esprit  des  lois,
examine  l'influence  du  climat  sur  les  mœurs,  le  caractère  et  les
lois  des  peuples;  et  bien  qu'on  puisse  dire  en  général  qu'il  en
étend  trop  les  effets,  il  est  incontestable,  et  plusieurs  auteurs  an
ciens  et  modernes  l'ont  remarqué,  que  la  température,  la  localité -
  ,  la  nourriture  contribuent  à  former  les  inclinations  de
l'homme,  et  à  déterminer  sa  constitution  morale  ;  mais  il  n'en  est
pas  moins  vrai,  comme  le  dit  l'éditeur  anonyme  de  1764,  que
l'éducation  et  les  lois  peuvent  vaincre  ses  inclinations  et  ses  mœurs.
et  leur  donnant  une  autre  direction,  le  former  au  vice  ou  à  la
vertu.  L'histoire  est  remplie  de  changements  arrivés  dans  les
mœurs  des  peuples  ;  et  souvent  une  génération  ne  ressemble  en
rien  à  celle  qui  l'a  précédée.  Personne  ne  sera  tenté  d'attribuer
ces  révolutions  à  l'influence  du  climat.  Voyez  MoNTESQUIEu,  de
l'Esprit  des  lois,  liv.  XIV,  ch.  2.
Hippocrate,  Platon,  Aristote  et  les  hommes  les  plus  doctes  de
l'antiquité  ont  reconnu  et  proclamé  l'influence  du  climat  sur
société;  et  Varron  (Econ.  rur.,  liv.  1,  ch.  2),  parlant  de  la  division -
  qu'Eratosthène  fait  de  notre  globe,  semblerait  donner  tort
aJ.-J.  Rousseau  qui,  dans  le  Contrat  social,  attribue  cette  doctrine
à  Montesquieu.
Mais  si  nous  ne  nous  attachons  qu'aux  affections  corporelles
de  chaque  nation  par  rapport  au  climat,  nous  verrons  qu'on  a
assez  généralement  observé  que  les  habitants  des  climats  chauds
sont  plus  petits,  plus  secs,  plus  vifs,  plus  gais,  communément
plus  spirituels,  moins  laborieux,  moins  vigoureux;  qu'ils  ont
            
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