VITRUVE. LIV. VI.
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durer à jamais, sans qu'ils aient à souffrir des injures du
temps.
VIII. De la solidité et des fondements des édifices.
Si les édifices qui se construisent au rez-de-chaussée,
ont leurs fondements faits de la manière que nous avons
enseignée dans les livres précédents qui traitent des murailles -
et des théâtres, ils renfermeront certainement toutes -
les conditions d'une longue durée. Mais si des caves
nécessitent la construction d’une voûte, il faudra donner -
aux fondements plus d'épaisseur qu'ils n'en auraient,
s'il n'était question que d'édifices bâtis hors de terre, et
faire en sorte que les murailles, les piliers, les colonnes
soient parfaitement d'aplomb sur les mêmes parties inférieures, -
et ne reposent point sur le vide : car si le poids
des murailles et des colonnes porte à faux, impossible de
compter sur une grande solidité.
Il ne sera pas mauvais de placer au-dessus de chaque
linteau deux poteaux qui se rapprochant par le haut
s'appuieront sur les pieds-droits : car les linteaux, les poitrails -
qui ont à supporter une lourde maçonnerie, venant
à plier au milieu, se rompent, et entraînent cette maçonnerie. -
Mais ces poteaux , ayant été mis dessus et bien
assujettis, empêcheront que les linteaux ne s'affaissent et
n'endommagent les constructions.
Il faut encore avoir soin que le poids des murs soit
allégé par des décharges faites avec des pierres taillées
en forme de coin, et dont les lignes correspondent à un
centre. Les arcs formés avec des pierres ainsi taillées,
venant se fermer aux deux extrémités du linteau et du
poitrail, empêcheront d'abord que le bois, déchargé de
son fardeau, ne plie, et permettront, si le temps vient
à occasionner quelque dommage, de le réparer facile
ment, sans qu'il soit besoin d'avoir recours aux étais.