Full text : Tome second (2)

NOTES  DU  LIVRE  X.
562
les  trouvèrent  toutes  préparées,  et,  ce  qui  valait  bien  mieux  encore, -
  ils  possédaient  Archimède  qui  les  avait  inventées.  L'armée
romaine,  qui  devait  attaquer  par  terre,  marche  vers  les  murs
sous  la  conduite  d’Appius.  Marcellus,  qui  commandait  les  galères, -
  s'avance  du  côté  de  la  mer.  Il  avait  fait  lier  ensemble  huit
de  ces  galères,  et  dresser  dessus  une  énorme  machine  pour  briser
les  murailles.  L’épouvante  s'empare  alors  des  Syracusains  qui  se
voient  attaqués  des  deux  côtés.  Archimède  seul  reste  sans  inquié
tude  ;  il  fait  agir  ses  machines.  Une  infinité  de  traits  partent  à
l’instant  de  tous  les  côtés,  des  pierres  énormes  sont  lancées  dans
les  airs  avec  un  bruit  épouvantable;  elles  brisent  et  renversent
tout  ce  qu'elles  rencontrent;  rien  ne  peut  résister  à  leur  impétuosité; -
  la  confusion  et  le  trouble  règnent  dans  les  rangs  des  Romains. -
  Ce  fut  bien  autre  chose  encore,  quand  les  galères  vinrent
attaquer  du  côté  de  la  mer  :  les  unes  sont  plongées  au  fond  des
eaux  par  de  longues  pièces  de  bois  semblables  à  des  mâts,  qui
sont  jetées  avec  des  machines  de  dessus  les  murailles;  d'autres
sont  enlevées  par  la  proue  avec  des  mains  de  fer  et  des  crochets
en  forme  de  bec  de  grue,  qui  les  dressent  perpendiculairement
sur  les  ondes,  et  y  enfoncent  leur  poupe  ;  d’autres  sont  saisies  en
dedans  par  des  machines  tendues  en  sens  contraire  l’une  de  l’autre, -
  qui  leur  font  faire  la  pirouette  dans  les  airs,  et  les  brisent
ensuite  contre  les  rochers  qui  sont  au  pied  des  murailles.  Rien
n'était  plus  horrible  que  de  voir  ces  galères  s'élever  et  tournoyer
dans  les  airs,  où  elles  paraissaient  suspendues  avec  toutes  les
personnes  qui  les  montaient,  dont  la  mort  était  certaine,  puisque
jetées  au  loin  par  le  tournoiement,  ces  galères,  à  la  fin,  venaient
se  briser  vides  contre  les  murailles,  ou  retomber  dans  la  mer
quand  les  machines  les  lâchaient.  Lorsque  Marcellus  fit  approcher
la  machine  qu'il  avait  placée  sur  plusieurs  galères  jointes  ensemble, -
  et  qui  s’appelle  sambyce,  parce  qu'elle  ressemble  à  l’instrument -
  de  musique  qui  porte  le  même  nom,  elle  était  encore
éloignée,  lorsqu'on  lance  sur  elle  de  dessus  la  muraille  une  pierre
énorme  qui  pesait  mille  livres,  ensuite  une  seconde  et  puis  une
troisième  qui  tombe  sur  cette  machine  avec  un  bruit  de  tonnerre,
la  fracasse  et  disperse  les  galères  qui  la  soutenaient,  tellement
que  Marcellus  ne  sachant  où  il  en  était,  fut  obligé  de  se  retirer
et  d’ordonner  à  ceux  qui  attaquaient  du  côté  de  la  terre  d’en
faire  autant.  On  tint  conseil,  et  il  fut  décidé  que  le  lendemain;
avant  le  jour,  on  s'approcherait  le  plus  près  de  la  muraille  qu'il
serait  possible,  d’autant  que  les  machines  d'Archimède  étant
très-tendues,  elles  lanceraient  leurs  pierres  et  leurs  traits  au¬
            
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.

powered by Goobi viewer