Full text : Tome second (2)

NOTES  DU  LIVRE  X.
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122.  —  Sambucarum  machinas.  Nous  avons  vu  que  le  nom
de  sambyce  était  donné  à  un  instrument  de  musique  triangulaire, -
  composé  de  cordes  faisant  un  des  côtés,  et  du  corps  de
l'instrument  qui  faisait  les  deux  autres.  La  machine  de  guerre  qui
portait  aussi  ce  nom,  était  ce  que  nous  appelons  un  pont-levis;
ce  pont  s'abattait,  soutenu  avec  des  cordes,  et  servait  aux  assiégeants -
  pour  passer  de  leurs  tours  sur  les  murs  des  assiégés.  Ces
cordes,  qui  formaient  un  triaugle  avec  le  pont  et  les  poteaux  qui
soutenaient  les  cordes,  avaient  quelque  ressemblance  avec  l'instrument -
  de  musique.
123.—  Sed  ibi  malleolis  confiræ.  Les  assiégés  mirent  alors  le
leu  à  la  flotte,  en  lançant  dessus  des  fêches  incendiaires.  V'ai
ainsi  rendu  le  mot  malleoli,  d'après  ce  que  dit  Végèce,  liv.  IIl.
ch.  18  :  "  Malleoli  velut  sagitta  sunt,  et  ubi  adhæserint,  quia
ardentes  sunt,  universa  conflagrant.  »  On  voit  aussi  dans  Nonius
que  c’étaient  des  machines  enflammées  par  une  composition  combustible -
  dont  elles  étaient  entourées.  Ammien  Marcellin  dit  qu'’elles
étaient  ferrées  par  le  bout,  qu’on  les  lançait  avec  des  arcs,  et
que  s'attachant  aux  machines  de  guerre  et  aux  navires,  elles  les
incendiaient.
124.—  Quas  potui  de  machinis  expedire  rationes.  Ces  différentes -
  machines  de  guerre  rendaient  les  siéges  des  anciens  pour
le  moins  aussi  meurtriers  que  les  nôtres.  Ils  en  avaient  de  tous  les
genres,  tant  pour  l’attaque  que  pour  la  défense,  dont  les  effets
étaient  étonnants.  Les  siéges  de  Rhodes,  de  Chio  et  de  Marseille
dont  parle  Vitruve,  prouvent  combien  leurs  ingénieurs  étaient
habiles.  Ce  que  Plutarque  (Vie  de  Marcellus)  rapporte  des  machines -
  employées  par  Archimède,  pour  défendre  Syracuse,  est
encore  plus  prodigieux.  Archimède  et  Eudoxe  furent  les  premiers, -
  suivant  lui,  qui  appliquèrent  les  principés  de  la  géométrie -
  aux  machines;  il  dit  qu’Archimède  le  fit  pour  s'amuser  et
par  délassement,  d’après  la  demande  de  Hiéron,  roi  de  Syracuse.
son  parent  et  son  ami.  Il  ajoute  que  Platon  fut  indigné  de  ce
qu’'ils  avaient  ainsi  corrompu  et  gâté  l'excellence  de  la  géométrie.
en  faisant  descendre  cette  science,  qui  était  tout  intellectuelle  et
spirituelle,  à  des  objets  sensibles  et  matériels.  Archimède  avait
composé,  pour  Hiéron,  quantité  de  machines  destinées  à  attaquer
et  à  défendre  les  villes;  mais  si  ce  roi  n’en  fit  point  usage,  à  cause
de  la  paix  dont  il  jouit  pendant  tout  son  règne,  elles  servirent
aux  habitants  de  Syracuse,  lorsque  Marcellus,  à  la  tête  des  armées -
  romaines,  vint  assiéger  cette  ville  par  terre  et  par  mer.  Ils
Vitruve.  II.
            
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