NOTES DU LIVRE X.
529
mière espèce; ou le poids est situé entre l'appui et la puissance,
et c'est ce qu’on appelle levier de la seconde espèce; ou, ensin, la
puissance est appliquée entre le poids et l'appui , et c'est ce qui
lait le levier de la troisième espèce.
La forme du levier a pour fondement ce principe, que l'espace
ou l'arc décrit par chaque point d’un levier, et par conséquent
la vitesse de chaque point, est comme la distance de ce point à
l'appui ; d'où il suit que l'action d'une puissance et la résistance
du poids augmentent à proportion de leur distance de l'appui.
35.— Ita non tam faciliter quam oppressione. Ce n'est point,
comme le dit Perrault, par une raison mécanique que l'on a plus
de force en appuyant sur le levier, que lorsqu on le lève, mais
par une raison physique, qui est que la pesanteur du corps fait
une grande partie de l'effet de la compression; au lieu que, dans
l'élévation, toute la force se prend dans l'action des muscles qui
lévent les bras et qui affermissent le reste du corps.
36.— Nisi, quemadmodum supra scriptum est, examinatio
vectis longius per caput deductionibus fuerit facta. Il est bon de
remarquer que les puissances ou forces qui meuvent les corps,
ne peuvent agir les unes sur les autres que par l'entremise des
corps mêmes qu'elles tendent à mouvoir ; d'où il suit que l'action
mutuelle de ces puissances n'est autre chose que l'action même
des corps animés par les vitesses qu’elles leur donnent ou
qu’elles tendent à leur donner. On ne doit donc entendre par
l'action des puissances, et même par le terme de puissance dont
on se sert communément en mécanique, que le produit d’un corps
par sa vitesse ou par sa force accélératrice. De cette définition,
et des lois de l'équilibre et du mouvement des corps, on conclut
aisément que deux puissances égales et directement opposées se
font équilibre, que deux puissances qui agissent en même sens
produisent un effet égal à la somme des effets de chacune, etc.
37.— Id autem ex trutinis, quœ statere dicuntur, licet considerare. -
Il y a deux sortes de balances, l'ancienne et la moderne.
Tout le monde connaît celle-ci. L'ancienne ou la romaine consiste -
en un levier qui se meut sur un centre et qui est suspendu
près d'un des bouts. D'un côté du centre, du côté le plus court,
on suspend le corps qu'on veut peser; de l'autre, se trouve un
poids qui peut glisser le long du levier. La valeur de ce qu'on
veut peser s'estime par les divisions qui sont marquées sur la
partie du levier où glisse le poids. Ainsi, dans la balance romaine, -
le poids qui sert à peser est toujours le même qui s'appli¬Vitruve. -
II.