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VITRUVE. LIV. X.
on arrête le câble avec la clavette qui entre dans un des
petits tubes; on le passe ensuite de l'autre côté, et on le
tend de la même manière à l'aide des leviers et du moulinet, -
jusqu'à ce qu'il donne un son semblable à celui
de l'autre. C'est ainsi que, grâce aux clavettes avec lesquelles -
on arrête les bras des catapultes, d'après l'observation -
du son que rendent les câbles, on arrive à
leur donner le degré de tension convenable.
J'ai dit sur ces matières tout ce que j'ai pu; il me
reste à parler des machinés qui peuvent servir à l'attaque -
et à la défense des villes.
XIII. Des machines qui servent à l'attaque.
La première machine inventée pour battre une place
fut, dit-on, le bélier. Les Carthaginois campaient devant -
Gades dont ils faisaient le siége. S'étant emparés
d'une forteresse, ils essayèrent de la démolir; mais ils
n'avaient point d'instruments de fer dont ils pussent faire
usage. Ils prirent une poutre, la soutinrent avec leurs
bras, et d'un de ses bouts frappant à coups redoubles
le haut de la muraille, ils firent tomber les premiers
rangs des pierres, et poursuivant d'assise en assise, ils
finirent par abattre toutes les fortifications.
Après cela, un ouvrier tyrien, nommé Péphasmenos,
tirant parti de cette idée, planta un mât auquel il en
suspendit un autre attaché transversalement comme le
fléau d'une balance, et à force de le pousser et de le
ramener, il fit tomber sous ses coups les murailles de
Gades. Ce fut Cétras de Chalcédonie qui, le premier
fabriqua une base en charpente, montée sur des roues.
Sur cette base il mit un assemblage de montants et de
traverses au milieu desquels il suspendit le bélier. Le
tout était recouvert de peaux de bœufs, afin que ceux