VITRUVE. LIV. X.
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tionnée à la pesanteur de la pierre qu'elles doivent lancer;
aussi n'est-il pas donné à tout le monde d'en bien saisir
les proportions: il faut pour cela parfaitement connaître
les règles de l'arithmétique et la multiplication.
On fait au chapiteau de la baliste des trous par où
l'on passe des câbles faits surtout avec des cheveux de
femmes ou des boyaux ; ces câbles sont proportionnés
à la grosseur et à la pesanteur de la pierre que la baliste
doit jeter, de même que pour les catapultes, les proportions -
se prennent sur la longueur des javelots. Orpour -
que ceux-là mêmes qui ne connaissent pas la géomêtrie, -
sachent à quoi s'en tenir, et ne restent pas court
au milieu des périls de la guerre, je vais leur faire part
des connaissances que j'ai puisées dans l'expérience et
dans les leçons de mes maîtres; j'y ajouterai le calcul
que j'ai fait pour réduire les mesures grecques aux poids
qui sont en usage parmi nous.
La baliste doit-elle lancer une pierre du poids de deux
livres, le trou de son chapiteau aura la largeur de cing
doigts; doit-elle en lancer une de quatre livres, il aura six
doigts; une de six livres, il aura sept doigts; une de dix
livres, il aura huit doigts; une de vingt livres, il aura
dix doigts; une de quarante livres, douze doigts et trois
quarts; une de soixante livres, treize doigts et un huitième; -
une de quatre-vingts livres, quinze doigts; de
cent soixante livres, deux pieds; de cent quatre-vingts
livres, deux pieds et cinq doigts; de deux cents livres,
deux pieds et six doigts; de deux cent dix livres, deux
pieds et sept doigts; enfin, lance-t-elle une pierre de
deux cent cinquante livres, il aura deux pieds et onze
doigts et demi.
Après avoir déterminé la grandeur de ce trou, qui
est appelé en grec oo(, on réglera les propor¬(1) -
Percé tout autour.
Vitruve. II.