VITRUVE. LIV. X.
463
tent le chant des oiseaux, et ces pétites figures creuses
que l’eau met en mouvement dans des vases de verre,
et d'autres encore qui sont faites pour charmer les sens
de la vue et de l'ouie.
Parmi ces machines, j’ai choisi celles qui m ont paru
les plus utiles et les plus nécessaires, et, après avoir
parlé des horloges dans le livre précédent, j'ai jugé à
propos de traiter dans celui-ci des machines hydrauliques. -
Quant aux autres machines qui sont faites moins
pour servir que pour amuser, ceux qui désireront en
connaître le mécanisme ingénieux pourront consulter
l'ouvrage de Ctesibius lui-même.
V. Des orgues hydrauliques.
Je n’omettrai point d'expliquer le mécanisme des orgues -
mises en jeu par le moyen de l'eau; mais je ne vais
traiter cette matière que le plus succinctement que je
pourrai, et avec le moins de mots possible. Sur une base
faite avec du bois, on met un coffre de cuivre; de cette
base s'élèvent, à droite et à gauche, deux règles jointes
ensemblé en forme d'échelle; entre ces règles on enferme
des cylindres creux en cuivre, avec des pistons parfaitement -
arrondis au tour et attachés à des branches de
fer qui, faisant au milieu le coude à l'aide de charnières.
tiennent elles-mêmes de la même manière à des leviers, -
et sont enveloppées de peaux encore garnies
de leur laine. Dans la plaque qui forme le haut des cylindres, -
sont des trous de la grandeur d'environ trois
doigts. Tout près de ces trous sont placés des dauphins
de cuivre également attachés avec des charnières. Ils
tiennent suspendus à des chaînes des cônes en cuivre
qui, ayant leur base en bas, descendent dans les trous
des cylindres.
Dans le coffre où l'eau est suspendue, il y a un pni¬