VITRUVE. LIV. X.
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une pièce de bois qui a autant de pieds en longueur que de
doigts en épaisseur. On l'arrondit au compas. Le cercle
qui est à chaque bout se divise avec un compas en quatre
parties égales ou en huit, en conduisant du centre à la
circonférence autant de lignes qu'il y a de divisions, et
ces lignes doivent être tracées de telle sorte que, la pièce
de bois étant couchée à terre, leurs extrémités correspondent -
parfaitement à chaque bout. Puis, d'un bout à
l'autre de ces extrémités, on tire le long de la pièce de
bois d'autres lignes sur lesquelles on marque des espaces
égaux à la huitième partie de la circonférence; si bien
que les divisions, prises sur la longueur, sont les mêmes
que celles de la circonférence. On tire ensuite autour de
la circonférence des lignes qui coupent celles qui sont
tracées dans la longueur, et on marque des points aux
endroits où elles s’entre-croisent.
Toutes ces dispositions ayant été faites avec exactitude, -
on prend une tringle flexible de saule ou d'osier
qui, après avoir été enduite de poix liquide, est appliquée -
sur le premier point. On la fait passer ensuite obliquement -
sur les points suivants marqués par les lignes
longitudinales et transversales, et en avançant graduellement, -
après avoir traversé chaque point en tournant,
après avoir placé la tringle sur chaque intersection, et
l'y avoir fixée, on arrive du premier point au huitième,
jusqu’à la ligne sur laquelle on avait commencé à la
fixer. Ainsi, la marche qu’on lui fait suivre obliquement
à travers huit points de la circonférence, la conduit
également au huitième point de la ligne longitudinale.
Les tringles fixées obliquement sur les intersections formées -
par la rencontre de toutes les lignes droites et arrondies, -
composent autour du cylindre autant de canaux -
qu'on y a fait de divisions, et ces canaux ressemblent
parfaitement à celui que la nature a tracé dans le limaçon.
Sur ces premières tringles on en applique d'autres,