VITRUVE. LIV. X.
453
travers, depuis l'essieu jusqu'à la circonférence, lesquelles -
divisent le tympan en autant d’espaces égaux,
Autour de cette machine, on arrondit des planches
dans lesquelles on pratique des ouvertures d'un demipied, -
pour que l'eau puisse pénétrer à l'intérieur. De
plus, on creuse le long de l'essieu autant de petits canaux -
qu'il y a de compartiments, et on les fait aboutir
à un des côtés de l'essieu. Quand le tout a été bien
goudronné comme un bateau, on charge des hommes
de faire tourner avec leurs pieds la machine qui, en
puisant l’eau par les ouvertures pratiquées dans la circonference -
du tympan, la rend par les conduits qui sont
le long de l'essieu; elle tombe alors dans une auge
de bois à laquelle on a adapté un tuyau. C'est par ce
moyen qu'on conduit une grande quantité d'eau dans
les jardins pour les arroser, et dans les salines pour les
approvisionner.
Si l'on veut faire monter l'eau plus haut, on peut
employer le même procédé avec cette modification: on
fait autour de l’essieu une roue assez grande pour qu’elle
puisse atteindre à la hauteur à laquelle on veut élever
l'eau. Autour de la circonférence de la roue, on cloue
des caisses bien calfeutrées avec de la poix et de la cire,
de sorte que, quand des hommes font tourner la roue
avec leurs pieds, les caisses s'élèvent pleines jusqu'au
haut, puis, lorsqu'elles viennent à redescendre, elles
versent d’elles-mêmes dans le réservoir l'eau qu’elles ont
montée.
Si l'on doit fournir d’eau des lieux plus élevés encore,
on placera sur l'essieu de la même roue une double chaîne
de fer qui descendra jusque dans l'eau; à cette chaîne
seront suspendus des seaux de cuivre de la capacité d'un
conge. Le mouvement de la roue, en faisant tourner
la chaîne avec l'essieu, fera monter les seaux qui, ar
rives au-dessus de l’essieu, se renverseront nécessaire¬