VITRUVE. LIV. X.
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Les chevilles qui traversent les poulies comme des
axes, sont placées dans les moufles, et le câble qui passe
sur les poulies et qui va directement s'attacher au moulinet, -
fait monter les fardeaux, grâce au mouvement
de rotation que lui imprime le levier. Les bouts du treuil
du moulinet qui, comme des centres, s'étendent entre
les deux amarres, et les leviers qui entrent dans les trous
du moulinet, et dont l'extrémité décrit un cercle dans
son mouvement de rotation, semblable à celui d'un
tour, élèvent les fardeaux. On peut, de même, au
moyen d'un levier en fer, lever un fardeau que plusieurs
hommes ne sauraient remuer. Pour servir de centre, on
place sous le levier un appui que les Grecs appellent
; on passe la pince sous le fardeau; qu'un
seul homme alors vienne à appuyer sur le manche, on
le verra lever ce fardeau.
En voici la raison : c'est que la première partie du
levier comprise entre le point d'appui, qui est le centre,
et le fardeau sous lequel on met la pince, est la plus
courte; et que la plus longue, celle qui s'étend depuis
ce centre jusqu’à la tête du levier, étant la partie sur
laquelle on agit, peut, par le mouvement circulaire
qu’on lui fait faire, donner aux quelques mains qui la
pressent, une force égale à la pesanteur d'un très-lourd
fardeau. Mais si l'on met la pince du levier de fer sous
le fardeau, et qu'au lieu de peser sur le bout opposé,
on veuille, au contraire, le soulever, la pince appuyant
sur le sol, agira contre la terre, comme elle agissait
contre le fardeau, et l'angle du fardeau sera son point
d'appui : l'opération ne sera pas aussi facile que lorsqu'on -
appuyait sur le levier; on en viendra néanmoins
à bout, bien qu'avec plus de peine. S'il arrive que la
pince du levier qui est posé sur l'hypomochlium, se
trouve engagée sous le fardeau, de manière que la tête
du manche sur lequel on appuie, soit plus près du cen-