Full text : Tome second (2)

VITRUVE.  LIV.  X.
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nés.  Tels  sont  les  arbalètes  et  les  anisocycles.  Toutes  ces
machines,  de  quelque  espèce  qu'elles  soient,  sont  d'un
usage  indispensable;  sans  elles  il  n'est  rien  qui  se  fasse
sans  difficulté.
L'art  de  faire  des  machines  est  entièrement  fondé  sur
la  nature,  et  sur  l'étude  qu'on  a  faite  du  mouvement
circulaire  du  monde.  Regardons  d'abord  et  observons
la  marche  continuelle  du  soleil,  de  la  lune  et  des  cinq
autres  planètes  ;  si  leur  mouvement  de  rotation  n'était
pas  basé  sur  les  règles  de  la  mécanique,  nous  n'aurions
point  de  lumière  pendant  le  jour,  et  les  fruits  n'arriveraient -
  point  à  leur  maturité.  A  la  vue  de  ce  mécanisme,
les  anciens  prirent  modèle  sur  la  nature,  et  ,  suivant  la
marche  que  ces  corps  divins  semblaient  leur  indiquer,
ils  obtinrent  des  résultats  qui  sont  si  nécessaires  à  la  vie.
Aussi  ,  pour  rendre  leurs  ouvrages  plus  faciles  à  faire
ont-ils  inventé  toutes  sortes  de  machines  dont  la  puissance -
  a  été  appropriée  à  leur  destination.  C'est  ainsi  que
tout  ce  dont  ils  ont  reconnu  l'utilité  dans  les  sciences,
dans  les  arts,  dans  les  métiers,  a  été  insensiblement
amené  par  leur  sagacité  à  une  plus  grande  perfection.
Remarquons  que  la  première  invention  a  été  due  à  la
nécessité  :  c'est  le  vêtement.  L’entrelacement  des  fils  de
la  chaîne  avec  ceux  de  la  trame,  a  produit,  à  l'aide  de
certains  instruments,  un  tissu  qui,  en  couvrant  le  corps,
ne  le  protége  pas  seulement,  mais  lui  sert  encore
d'un  grand  ornement.  Et  les  aliments,  nous  ne  les  aurions -
  pas  eus  en  abondance,  si  l'on  n'avait  point  invente
le  joug  et  la  charrue  pour  les  bœufs  et  pour  toutes  les
bêtes  de  somme;  et  sans  les  moulinets,  sans  les  pressoirs,
sans  les  leviers,  sans  la  manière  employée  pour  pressurer -
  les  olives  et  les  raisins,  nous  ne  jouirions  point  des  liqueurs -
  qu’on  en  exprime.  Et  quels  seraient  nos  moyens  de
transport,  si  l'on  n'avait  inventé  les  chariots,  les  voitures
et  les  bateaux,  pour  transporter  par  terre  et  par  eau?
            
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