VITRUVE. LIV. VI.
condition ordinaire n'ont besoin ni de magnifiques vestibules, -
ni de cabinets de travail, ni de cours spacieuses
parce qu'elles vont ordinairement présenter leurs hommages -
aux autres, sans qu'on vienne en faire autant
chez elles.
Ceux qui font trafic des biens de la terre, doivent
avoir à l'entrée de leur maison des étables, des boutiques, -
et, dans l'intérieur, des caves, des greniers, des
celliers et autres pièces qui servent plus à la conservation
des fruits qu'à la beauté et à l'agrément de la maison.
Aux gens d'affaires et aux financiers, il faut des demeures
plus commodes et plus belles, et qui soient à l'abri des
voleurs. Il en faut encore de plus élégantes et de plus
grandes aux avocats et aux gens de lettres, qui ont à recevoir -
beaucoup de monde. La noblesse, enfin, qui occupe -
les grandes charges de la magistrature et de l'Etat
devant donner audience au public, doit avoir de magnifiques -
vestibules, de vastes cours, des péristyles spacieux,
des jardins ombragés, de larges promenades; tout doit
être heau et majestueux ; ajoutez à cela des bibliothèques,
des galeries de tableaux, des basiliques dont la magnificence -
égale celle des édifices publics, parce que chez
eux les affaires publiques se traitent souvent en conseil
et que les différends des particuliers y sont réglés par
sentence du juge et par arbitrage.
Si la disposition des édifices a été de cette manière
appropriée aux différentes conditions des personnes, les
principes posés dans le premier livre, au sujet de la bienséance, -
auront été parfaitement observés, et les parties
de chaque maison seront commodes et correctes. Telles
sont les règles dont l'application importe, non-seulement
aux constructions de la ville, mais encore à celles de la
campagne, avec cette différence pourtant qu'à la ville
la cour vient immédiatement après la porte, et qu'à la