VITRUVE. LIV. X.
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de chose en sus. Car celui qui veut dépenser quatre cent
mille sesterces à la construction d’un bâtiment, peut bien
y en ajouter cent mille autres pour avoir le plaisir de le
voir terminer; mais quand les frais se trouvent doublés
plus que doublés, on perd toute confiance, on ne veut
plus entendre parler de rien, on se voit ruiné, on n'a
plus de courage, on est forcé de tout abandonner.
Et c'est un vice qui ne frappe pas seulement les édisices, -
on le voit encore s'attacher aux préparatifs que
les magistrats font faire dans le Forum pour la representation -
des jeux des gladiateurs et des acteurs. Point de
délais, point de retardements pour ces sortes de choses;
il faut, à heure dite, avoir établi les gradins pour les
spectateurs, étendu les voiles, dressé les machines, fait,
en un mot, toutes les dispositions que nécessitent les
spectacles donnés au peuple. Ce sont des choses qui exigent -
toute l'expérience, tout le soin, toute l'application
d'un esprit exercé, et dont on ne peut venir à bout sans
avoir étudié l’art de faire des machines, sans avoir
acquis de nombreuses et solides connaissances.
Toutes ces considérations me font penser qu'il ne
serait pas inutile, avant de commencer ces travaux,
d'examiner avec soin ce qu'ils peuvent coûter. Mais
comme il n'y a ni loi ni ordonnance qui prescrive de
telles mesures, et que tous les ans les préteurs et les
édiles sont obligés de faire préparer des machines pour
les jeux, j'ai cru, ô César, qu'il était à propos, après
avoir traité des édifices dans les livres précédents
d'expliquer dans celui-ci, qui va terminer le corps de
cet ouvrage, quels sont les principes qui doivent diriger -
la confection des machines.