Objekt : Tome second (2)

VITRUVE.
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LIVRE  DIXIÈME.
INTRODUCTION.
DANs  une  grande  et  célèbre  ville  de  la  Grèce,  à  Ephèse,
il  existe,  dit-on,  une  vieille  loi  à  laquelle  on  a  attaché
une  sanction  sévère,  mais  juste.  Tout  architecte  qui  se
charge  d’un  ouvrage  public,  est  tenu  de  déclarer  quels
doivent  en  être  les  frais,  et  une  fois  l'estimation  faite
ses  biens  passent  comme  garantie  dans  les  mains  du  magistrat, -
  jusqu’à  l’accomplissement  des  travaux.  Si  les
dépenses  répondent  au  devis,  on  lui  accorde  des  récompenses -
  et  des  honneurs;  si  elles  ne  dépassent  l'éstimation
que  du  quart,  on  a  recours  aux  deniers  publics,  sans
qu’il  soit  contraint  de  subir  aucune  peine;  mais  si  elles
montent  au  delà  du  quart,  on  prend  l'excédant  sur  ses
biens.
Combien  il  serait  à  souhaiter  que  les  Romains  eussent
une  loi  semblable,  non-seulement  pour  leurs  édifices
publics,  mais  encore  pour  leurs  bâtiments  particuliers
l'impunité  n'autoriserait  pas  les  désordres  de  l'ignorance;
il  n'y  aurait  que  ceux  dont  l'habileté  serait  reconnue  qui
oseraient  exercer  la  profession  d'architecte  ;  les  pères  de
famille  ne  seraient  point  jetés  dans  ces  dépenses  excessives -
  qui  les  ruinent;  les  architectes  arrêtés  par  la  crainte
d'une  peine,  apporteraient  plus  de  soin  dans  le  calcul
de  leurs  dépenses,  et  l'on  verrait  s'achever  les  édifices
pour  la  somme  qu’on  se  proposait  d’y  employer,  ou  peu
            
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