NOTES DU LIVRE IX.
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lieu de Aquarii genua, il fallait lire Avis pennas. L'idée n'était pas
mauvaise ; mais Galiani trouve avec raison cette correction un
peu forcée. Il est plus probable, dit-il, qu'au lieu de ungulœe il
faut lire auriculœ. Les oreilles du Cheval se dirigent en effet vers
les genoux du Verseau ; ensuite le mot attingere, dont se sert ici
Vitruve, ne signifie pas toucher, comme les sabots du Cheval tou
chent les ailes du Cygne : il signifie s'étendre pour atteindre,
comme font les oreilles du Cheval vers les genoux du Verseau.
60. — Aquarii media est dedicata Capricorno. Pour traduire le
texte dans l’état où on le trouve avant la correction, il faudrait
dire que l’étoile du milieu de Cassiopée est dédiée au Capricorne;
ce qui est impossible, puisque ces deux constellations sont trop
éloignées l’une de l’autre : mais, comme le fait remarquer Galiani,
l'étoile qui est au milieu du Verseau fait partie du Capricorne;
cette étoile est commune aux deux signes. D’après cela, on voit
qu'au lieu de Cassiopeæ, il faut lire Aquarii. Philander, qui a
remarqué l’erreur, ne l’a pas corrigée. Perrault, pour la corriger
et conserver le mot Cassiopex, a cru qu’au lieu de Cassiopec
media est dedicata Capricorno, supra in altitudine Aquila et Delphinus, -
il fallait lire : Cassiopeœ media est (scilicet Cephei et Andromedæ) -
dedicata (est) Capricornosupra in altitudine Aquila (sicut)
et Delphinus, parce que l’Aigle et le Dauphin sont au-dessus du
Capricorne. Voilà bien des corrections pour une seule qui suffisait.
61.— Secundum eos est Sagitta. « La voûte céleste, dit Avienus
(Phénom., v. 689), connaît encore une autre Flèche ; toutefois elle
n’a point d'arc arrondi, point de corde, parce qu’elle n’a point
de maître. Au-dessus du trait vole un oiseau ; cet oiseau est le
Cygne; mais, voisin du pôle de Thrace, il allonge son cou blanc
vers les Ourses couvertes de frimas. »
62. — Sub Avis cauda pedes Equi sunt subjecti. Pour expliquer
ce qu’on vient de lire sur la constellation du Cygne, qui n’est
pas conforme à ce que nous voyons sur les cartes célestes modernes -
, il faut supposer que du temps de Vitruve on représentait
cette constellation tout autrement qu’aujourd’hui, c’est-à-dire
qu’on plaçait son aile gauche où l’on place maintenant sa queue, et
la queue où l’on met l’aile gauche; comme cela, l’aile gauche serait
étendue vers Cassiopée, et la queue couvrirait les pieds du Cheval.
63.— Coronam tangit. Les astronomes modernes l’ont appelée
Couronne boréale , pour la distinguer de la Couronne australe.
Ptolémée parle des deux. Si Aratus la nomme couronne d’Ariane,
c'est que, au dire des mythologues, elle est la couronne de lierre
dont Bacchus orna la tête de cette princesse lorsqu’il l'épousa.