398
NOTES DU LIVRE IX.
lorsque le Soleil est dans le Taureau, et non lorsqu'il entre dans
les Gémeaux ; et les Latins en fixent le moment au vingt-troisième
jour du Taureau, comme Pline, Varron et Columelle en font foi,
aussi bien que la table d'Auguste que suit Vitruve, qui place les
équinoxes et les solstices au huitième jour des signes, c'est-à-dire
lorsque le Soleil entre dans la huitième partie du Bélier, de la
Balance , du Cancer et du Capricorne. Ce qu’ont arrêté, sur le
coucher matutinal des Vergilies, les Latins qui signalent la disparition -
de cette constellation le vingt-troisième jour du Scorpion,
au matin, à partir duquel commence l’hiver, Vitruve le conserve
en disant : « Après cela le Soleil entre dans le Scorpion, au coucher -
des Pléiades, et diminue la longueur des jours en s'approchant -
des parties méridionales. » On dira cependant que, malgré
les anciens astronomes, qui croient que c’est dans le Verseau que
commence à souffler le Favonius qui ouvre le printemps, malgré
les Latins et Auguste qui pensent que c’est au vingt-troisième jour
du Verseau que ce mouvement arrive, Vitruve ne laisse pas de
le reporter aux Poissons : « Sortant du Verseau, dit-il, pour entrer -
dans les Poissons, quand souffle le Favonius, il fournit une
course égale à celle qu'il faisait dans le Scorpion. » Tout cela
s'’accorde parfaitement : car si le Favonius commence à souffler
dans le Verseau, et souffle longtemps, il doit souffler encore dans
les Poissons ; aussi Vitruve n'a point écrit incipiente Favonio,
mais flante, soufflant encore. Voilà pourquoi Pontédéra repousse
la version Vergiliis exorientibus, et lui préfère Vergiliis apparentibus, -
ou eminentibus, ou quelque autre mot de ce genre.
51.— Quum pervenit in partem octavam, perficit solstitiale
tempus. — Voyez Columelle, qui (Écon. rur., liv. Ix, c. 14)
rapporte la raison pour laquelle les anciens ne plaçaient pas les
solstices et les équinoxes au commencement des signes, mais à
leur huitième partie. Chaque signe occupe un arc de 30°; la huitième -
partie d'un signe équivaut donc au huitième degré, et au
huitième jour à partir duquel le Soleil entre dans un signe,
abstraction faite de la fraction qui dépend du nombre de jours
composant l'’année solaire, fraction qui n’est jamais plus de 5° ou
6° du zodiaque. Pline et Columelle, suivant en cela les anciens
astronomes, placent le commencement des quatre saisons de
l’année, le printemps, l’été, l’automne, l’hiver, à la huitième
partie des signes du Bélier, du Cancer, de la Balance et du Capricorne. -
Hipparque , comme nous venons de le voir dans Columelle, -
le place au premier jour de l'entrée du Soleil dans chacun
de ces signes. Hippocrate mettait le commencement du printemps