Full text : Tome second (2)

396
NOTES  DU  LIVRE  IX.
nière  ;  mais  elle  ne  renvoie  vers  la  Terre  toute  la  lumière  qu'elle
reçoit  du  Soleil,  que  lorsqu’elle  est  pleine.  C'est  pourquoi  il  veut
qu'on  lise  totius  orbis  Solis  in  se  recipit  splendorem  :  car,  bien
qu'en  tout  temps  la  Lune  rejette  absolument  toute  la  lumière  du
Soleil,  de  même  qu'elle  la  reçoit  toujours  tout  entière,  il  est
pourtant  vrai  qu’il  ne  s’agit  ici  que  de  ce  que  fait  la  Lune  à  l’égard
de  la  Terre,  sur  laquelle  elle  renvoie  tantôt  plus,  tantôt  moins
de  cette  lumière,  quoiqu’elle  la  reçoive  toujours  également.  Cependant -
  Galiani  désapprouve  cette  correction  :  car  les  mots  totius
orbis  se  rapportent  au  disque  de  la  Lune  et  non  à  celui  du  Soleil,
orbis  totius  (Lunœ)  recipit,  etc.  Et  comme  la  Lune  ressemble  à
un  miroir,  dire  qu'elle  reçoit  les  rayons  du  Soleil,  ou  qu'elle  les
réflète,  c'est  tout  un;  il  est  donc  inutile  de  changer  la  version
ordinaire.
45.—  Nunc  ut  in  singulis  mensibus  sol  signa  pervadens.  Ces
deux  premiers  chapitres  et  les  trois  suivants  contiennent  un  petit
traité  d’astronomie  qui  est  d’autant  plus  intéressant,  dit  de  Bioul,
que  nous  y  retrouvons  les  principes  du  système  de  Ptolémée,  et
nous  voyons  qu’ils  étaient  connus  à  Rome  longtemps  avant  que
le  philosophe  d’Alexandrie  eût  publié  son  traité.  Il  nous  fait  connaître -
  en  partie  jusqu'où  les  anciens  avaient  porté  alors  cette
science  :  je  dis  en  partie,  car  les  opinions  sur  l'ordre  des  cieux,  sur
le  mouvement  des  planètes,  étaient  partagées.  Il  y  avait  alors  plusieurs -
  systèmes.  Longtemps  avant  Vitruve,  les  pythagoriciens,
ensuite  Philolaùs,  Aristarque  et  Cléanthe  de  Samos,  avaient  enseigne -
  que  le  ciel  était  en  repos,  et  que  c'était  la  Terre  qui  tournait -
  autour  du  Soleil,  selon  la  ligne  oblique  du  zodiaque,  tout
en  tournant  journellement  sur  son  axe.  Archimède  avait  aussi
soutenu  ce  système  dans  un  de  ses  ouvrages;  mais  après  lui  il  fut
entièrement  négligé  et  même  oublié  jusqu’au  commencement  du
xve  siècle,  époque  à  laquelle  le  fit  revivre  Copernic.
46.—  Horarum  spatia.  Ceux  qui  pensent  que  les  anciens  divisaient -
  les  jours  comme  nous,  ne  pourront  s’imaginer  comment  le
Soleil,  dans  son  cours,  peut  diminuer  les  heures  qui  chez  nous
sont  toujours  égales.  Mais  il  n’en  était  pas  de  même  chez  les  anciens -
  :  ils  divisaient  le  jour  en  12  h.,  aussi  bien  que  la  nuit,  tellement -
  que  les  heures  étaient  chaque  jour  d’inégale  longueur,  selon
que  les  jours  étaient  ou  plus  longs  ou  plus  courts.  Toutes  les
horloges  ,  tous  les  cadrans  solaires  dont  nous  verrons  la  description -
  dans  les  chapitres  suivants,  sont  construits  d'après  ces  principes. -
  C'est  sans  doute  à  cause  de  la  difficulté  qu'entraînait  leur
            
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.

powered by Goobi viewer