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NOTES DU LIVRE IX.
nière ; mais elle ne renvoie vers la Terre toute la lumière qu'elle
reçoit du Soleil, que lorsqu’elle est pleine. C'est pourquoi il veut
qu'on lise totius orbis Solis in se recipit splendorem : car, bien
qu'en tout temps la Lune rejette absolument toute la lumière du
Soleil, de même qu'elle la reçoit toujours tout entière, il est
pourtant vrai qu’il ne s’agit ici que de ce que fait la Lune à l’égard
de la Terre, sur laquelle elle renvoie tantôt plus, tantôt moins
de cette lumière, quoiqu’elle la reçoive toujours également. Cependant -
Galiani désapprouve cette correction : car les mots totius
orbis se rapportent au disque de la Lune et non à celui du Soleil,
orbis totius (Lunœ) recipit, etc. Et comme la Lune ressemble à
un miroir, dire qu'elle reçoit les rayons du Soleil, ou qu'elle les
réflète, c'est tout un; il est donc inutile de changer la version
ordinaire.
45.— Nunc ut in singulis mensibus sol signa pervadens. Ces
deux premiers chapitres et les trois suivants contiennent un petit
traité d’astronomie qui est d’autant plus intéressant, dit de Bioul,
que nous y retrouvons les principes du système de Ptolémée, et
nous voyons qu’ils étaient connus à Rome longtemps avant que
le philosophe d’Alexandrie eût publié son traité. Il nous fait connaître -
en partie jusqu'où les anciens avaient porté alors cette
science : je dis en partie, car les opinions sur l'ordre des cieux, sur
le mouvement des planètes, étaient partagées. Il y avait alors plusieurs -
systèmes. Longtemps avant Vitruve, les pythagoriciens,
ensuite Philolaùs, Aristarque et Cléanthe de Samos, avaient enseigne -
que le ciel était en repos, et que c'était la Terre qui tournait -
autour du Soleil, selon la ligne oblique du zodiaque, tout
en tournant journellement sur son axe. Archimède avait aussi
soutenu ce système dans un de ses ouvrages; mais après lui il fut
entièrement négligé et même oublié jusqu’au commencement du
xve siècle, époque à laquelle le fit revivre Copernic.
46.— Horarum spatia. Ceux qui pensent que les anciens divisaient -
les jours comme nous, ne pourront s’imaginer comment le
Soleil, dans son cours, peut diminuer les heures qui chez nous
sont toujours égales. Mais il n’en était pas de même chez les anciens -
: ils divisaient le jour en 12 h., aussi bien que la nuit, tellement -
que les heures étaient chaque jour d’inégale longueur, selon
que les jours étaient ou plus longs ou plus courts. Toutes les
horloges , tous les cadrans solaires dont nous verrons la description -
dans les chapitres suivants, sont construits d'après ces principes. -
C'est sans doute à cause de la difficulté qu'entraînait leur