Full text : Tome second (2)

NOTES  DU  LIVRE  IX.
387
Ces  changements  de  cours  et  de  mouvements  des  planêtes  ne
sont  qu'apparents.  Si  les  planètes  étaient  vues  du  centre  du  sys
tème,  c'est-à-dire  du  Soleil,  leurs  mouvements  paraîtraient  toujours -
  uniformes  et  réguliers,  c'est-à-dire  dirigés  d'occident  en
orient.  Les  inégalités  qu’on  y  observe,  vues  de  la  Terre,  naissent
du  mouvement  et  de  la  position  de  la  Terre,  d'où  on  les  voit.
L’opinion  de  Vitruve,  qui  attribue  aux  rayons  du  Soleil  la
cause  des  stations  et  des  rétrogradations  des  planètés,  est  rapportée
par  Pline  (Hist.  Nat.,  liv.  I1,  ch.  13),  qui  en  parle  comme  s'il
en  était  le  premier  auteur  :  «  Frappées  ,  dit-il,  par  les  rayons  sofaires, -
  les  planètes,  au  lieu  de  suivre  leur  route  directe,  obéissent
à  la  force  ignée  qui  les  porte  vers  les  hautes  régions.  »  Comme
nous  l’avons  remarqué,  dit  de  Bioul,  Pline  était  de  beaucout
postérieur  à  Vitruve  ;  nous  avons  vu  même  qu’il  avait  souvent
compilé  notre  auteur  ;  ainsi  cette  opinion  n'est  pas  de  lui.  Dans
le  fond,  elle  n'est  pas  très-ingénieuse;  mais  en  supposant  la  Terre
dans  le  centre,  et  en  faisant  tourner  les  planètes  autour  d'elle,  il
fallait  bien  se  contenter  de  ces  raisons  pour  expliquer  ces  stations
et  ces  rétrogradations  apparentes  des  planètes  de  Mercure  et  de
Vénus.  Dans  l’hypothèse  de  Copernic,  où  le  Soleil  est  le  centre
de  l'univers,  toutes  les  difficultés  disparaissent.  Si  nous  voyons,
en  effet,  passer  la  planète  de  Vénus  sous  quatre  signes,  et  qu'ensuite -
  nous  la  voyions  s'arrêter  ou  reculer  sous  ces  signes,  ce  n'est
pas  parce  qu'elle  ne  tient  pas  une  route  uniforme;  mais  cette
diversité  d'aspects,  cette  apparence  d'irrégularité,  vient  de  ce
qu’elle  tourne  autour  du  Soleil  et  que  la  terre  y  tourne  aussi,
mais  Vénus  plus  vite  et  la  Terre  plus  lentement.
31.—  Iter  autem  in  mundo  Mercurii  stella  ita  pervolitat.  «  L'astre
le  plus  voisin  de  Vénus,  dit  Pline  (Hist.  Nat.,  liv.  11,  ch.  6),  est
Mercure,  ou,  comme  l’appellent  quelques  auteurs,  Apollon.  Il
parcourt  une  orbite  inférieure,  et  achevant  sa  révolution  en
339  jours,  il  paraît  alternativement  avant  le  lever  et  après  le  coucher -
  du  soleil,  dont  jamais  il  ne  s’éloigne  plus  que  de  23°,  suivant
Timée  et  Sosigène.  »
Mercure  est  la  plus  petite  des  planètes  inférieures  et  la  plus
rapprochée  du  Soleil.  L’inclinaison  de  son  orbite,  c’est-à-dire
l'angle  formé  par  le  plan  de  son  orbite  avec  le  plan  de  l'écliptique, -
  est  de  6°  52'.  Son  diamètre  est  à  celui  de  la  Terre  comme
5  est  à  4  ;  conséquemment  son  globe  est  à  celui  de  la  Terre  à  peu
prés  comme  2  est  à  5.  Sa  révolution  autour  du  Soleil  se  fait  en
87  j.  23  h.
Mercure  a  ses  phases  comme  la  Lune,  selon  ses  différentes  po¬
            
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