Volltext : Tome second (2)

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VITRUVE.  LIV.  IX.
fruits  toujours  nouveaux,  non-seulement  pour  leurs  concitoyens, -
  mais  encore  pour  tous  les  peuples.  Ceux  qui,
dès  leur  jeunesse,  puisent  à  la  source  de  leur  doctrine
possèdent  les  excellents  principes  de  la  sagesse,  et  dotent
les  villes  de  bonnes  mœurs,  de  droits  basés  sur  la  justice.
de  sages  lois,  sans  lesquelles  il  n'est  point  d'Etat  qui
puisse  subsister.
Puisque,  grâce  à  leurs  connaissances,  les  écrivains
peuvent  procurer  à  tous  les  hommes  de  si  grands  avantages, -
  ce  n'est  pas  seulement  par  des  palmes  et  des  couronnes -
  qu'il  convient,  à  mon  avis,  de  les  honorer,  il  faudrait -
  encore  leur  décerner  des  triomphes,  et  les  mettre  au
rang  des  dieux.  Ils  ont  fait  un  grand  nombre  de  découvertes -
  dont  les  hommes  ont  profité  pour  agrandir  leur  savoir  :
je  vais  à  quelques-uns  d'entre  eux  en  emprunter  une  que
je  proposerai  comme  exemple;  on  sera  forcé  de  reconnaitre -
  et  d'avouer  qu'on  doit  des  honneurs  à  de  tels  hommes.
Commençons  par  Platon,  et  suivons-le  dans  le  développement -
  qu'il  donne  d'un  de  ses  si  nombreux  et  si
utiles  raisonnements.  Une  place,  ou  un  champ,  est  parfaitement -
  carrée  :  on  veut  en  doubler  la  grandeur,  en  lui
donnant  une  forme  également  carrée.  Comme  on  ne
peut  le  faire  par  la  multiplication  des  nombres,  il  faut
avoir  recours  à  la  règle  et  au  compas.  Voici  la  démonstration -
  qu'il  emploie.  Le  carré  qui  aura  dix  pieds  de
longueur  et  autant  de  largeur,  donnera  une  surface  de
cent  pieds;  on  veut  doubler  cette  surface,  lui  donner
deux  cents  pieds,  en  lui  conservant  sa  forme  carrée:  il
faut  chercher  quelle  sera  la  grandeur  de  chaque  côté  du
carré,  pour  que  la  multiplication  de  ces  côtés  produise
les  deux  cents  pieds  que  doit  avoir  la  superficie;  ce  qu'il
est  impossible  de  trouver  par  des  nombres  :  car  si  nous
prenons  le  nombre  quatorze,  la  multiplication  donnera
cent  quatre-vingt-seize.  Si  nous  recourons  au  nombre
quinze,  nous  obtiendrons  deux  cent  vingt-cinq.
            
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