NOTES DU LIVRE VIII.
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talement dans un certain espace, c'est ce qu'il appelle un ventre,
Un des grands avantages qu'offrent les tuyaux pour la conduite
des eaux, c'est qu'une fois qu'elles y sont renfermées, on peut les
faire descendre, les faire monter à volonté; ce qui n'est pas possible -
avec des aqueducs, qu’il faut toujours maintenir de niveau
ou en pente, tellement que, quand ils doivent traverser une
vallée, il n'y a pas d'autre moyen que de les faire porter par des
arcades.
81.— Etiam in ventre columnaria sunt facienda. Les mots
putei, columnaria, columbaria, désignent tous des ouvertures
destinées au même usage, c'est-à-dire à l'immission de l'air dans
les tuyaux, pour que l'eau puisse en recevoir l'impression, ou à
l'échappée des vents qui s'engendrent dans les tuyaux. Vitruve a
appelé d'abord des soupiraux putei, parce qu'ils sont enfoncés
dans la terre en forme de puits jusqu’à l'aqueduc qui forme une
voute souterraine. Ici il les nomme columnaria, parce que, suivant
Baldi et Philander, il faut enter des bouts de tuyaux s'élevant
comme des colonnes, sur ceux qui sont dans des lieux bas, ou
élever sur l'aqueduc qui doit être porté sur des arcades, de petites
tours qui ressemblent en effet à des colonnes. Quelques-uns,
comme Laët, lisent columbaria, mot qui signifie les boulins où les
pigeons font leurs nids; et ils croient que Vitruve a entendu par
la les trous des robinets par lesquels on doit donner de l'air aux
tuyaux, et les décharger quand besoin est. Joconde a corrigé pour
mettre colluviaria (égout, cloaque) ; cette expression me paraît
tout à fait contraire à l'idée de Vitruve.
88.— Expressus. Par ce mot, Vitruve indique la partie de
l'aqueduc dans laquelle l'eau monte, pressée par le poids de
celle qui descend. C'est une sottise de dire que les anciens ont
ignoré que l'eau montait dans un tube à la hauteur d'où elle était
descendue par des tubes communiquant avec les premiers, et que
c'est pourquoi ils ont construit à tant de frais des aqueducs,
quand ils auraient pu , avec des tuyaux, arriver si facilement au
même but. Ce passage prouve clairement que les anciens connaissaient -
la loi de l'équilibre pour les fluides ; s'ils faisaient des aqueducs, -
c'est qu'avant tout ils voulaient avoir des eaux saines ; c'est
que, comme le dit Vitruve, les tubes de plomb étaient dangereux
pour la santé; mais ils ne pouvaient pas toujours, surtout dans
des espaces de plusieurs milles, les remplacer par des tuyaux en
poterie.
89.— Ut hi tubuli ex una parte sint lingulati. Pline (Hist.