Volltext : Tome second (2)

NOTES  DU  LIVRE  VIII.
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duire  en  erreur,  comme  le  chorobate  et  les  autres  instruments
dont  parle  Vitruve.
72.—  Ductus  autem  aquœ.  Quoique  le  mot  aqueduc,  d'après
son  étymologie,  paraisse  s'appliquer  à  tout  ouyrage  destiné  à  la
conduite  des  eaux,  cependant  il  ne  s'applique  généralement  qu'à
ceux  de  ces  ouvrages  qui  sont  exécutés  en  maçonnerie.  Les  plus
anciennes  et  les  plus  remarquables  constructions  de  ce  genre
que  nous  connaissions,  sont  celles  des  Romains.  Il  semble,
en  effet,  que  la  rapide  et  prodigieuse  extension  de  la  ville  de
Rome,  ainsi  que  les  richesses  énormes  qui  s'y  concentrèrent,  ont
dû  former,  par  leur  réunion,  les  conditions  les  plus  favorables
qui  se  fussent  encore  vues  dans  aucun  lieu  pour  l'établissement
des  aqueducs.  Aussi  les  Romains  en  ont-ils  élevé  un  grand  nombre, -
  et  ils  leur  ont  donné  une  solidité  telle,  que  ni  les  injures  du
temps,  ni  celles  dés  hommes,  n'ont  pu  les  faire  disparaître  entièrement. -
  Encore  aujourd'hui,  ces  grandes  constructions  nous
frappent  d'admiration  par  l'imposante  majesté  de  leurs  ruines,  et
embellissent  maintenant  les  contrées  qu'elles  fertilisaient  jadis.
Mais  c'est  surtout  dans  les  environs  de  l'ancienne  métropole  qu'on
les  retrouve  nombreuses  et  pittoresques;  et  c'est  un  beau  spectacle
que  celui  de  cette  vaste  et  inculte  campagne  de  Rome,  sillonnée
par  d'innombrables  lignes  d'arcades,  qui  se  croisent  dans  tous  les
sens,  enjambent  par-dessus  les  voies,  les  tombeaux  et  les  temples
ruinés,  et  vont  se  perdre  dans  les  montagnes  de  Tivoli  et  d'Albano. -

Ces  aqueducs  étaient  des  canaux  en  maçonnerie,  réglés  en  général -
  suivant  une  pente  uniforme,  et,  par  conséquent,  souterrains
ou  élevés  au-dessus  du  sol,  suivant  que  les  collines  ou  les  vallées
se  rencontraient  sur  leur  chemin.  Dans  les  parties  souterraines,
ils  étaient  voûtés,  et  chacun  d'eux  y  était  muni  d'une  banquette
intérieure,  placée  sur  un  de  ses  côtés,  qui  permettait  de  le  parcourir -
  dans  toute  sa  longueur;  au  passage  des  vallées,  ils  étaient
soutenus  par  un  ou  plusieurs  rangs  d'arcades  construites  en  pierres
ou  en  briques;  et  ils  étaient  recouverts  de  longues  dalles,  dans
lesquelles  on  pratiquait  des  ouvertures  pour  donner  passage  à
l'air.  Les  eaux  déposaient  les  corps  étrangers  qu'elles  pouvaient
tenir  en  suspension,  dans  des  enfoncements  ménagés  dans  les  lits
de  ces  canaux,  et  dans  de  grands  réservoirs,  où  elles  étaient  recueillies -
  à  l'entrée  de  la  ville  qu'elles  devaient  desservir.  C'était
dans  ces  réservoirs  ou  châteaux  d'eau  (castella)  qu'étaient  établies
les  différentes  prises  d'eau  appartenant  soit  aux  édisices  publics,
soit  aux  particuliers  qui  en  avaient  obtenu  la  concession.
            
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