NOTES DU LIVRE VIII.
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l'attraction que le soleil fait de l'humidité, n'est pas très-exact,
parce que la grandeur des fleuves ne dépend pas de leurs sources,
qui ne sont bien souvent que de petites fontaines.
15.— Orbe terrarum chorographiis picta. La chorographie (des
mots grecs yooés, région, contrée, lieu, et , décrire) est différente -
de la géographie, comme la description d'un pays l'est de celle
de toute la terre. On ne sait guère à quel temps cette science peut
remonter dans l'antiquité. Ce qu'il y a de certain, c'est que les
peuples qui ont eu le plus de réputation, ont reconnu l'utilité de la
géographie. La première carte dont parlent les anciens auteurs,
s'il faut les en croire sur des temps aussi éloignés, serait celle
que Sésostris, le premier et le plus grand conquérant de l'Egypte.
fit exposer devant son peuple, pour lui faire connaître, dit-on,
les nations qu'il avait soumises, et l'étendue de son empire, dont
les embouchures du Danube et de l'Indus faisaient les bornes. La
table de Peutinger est le seul monument de ce genre qui nous soit
resté des anciens.
16.— Plurima maximaque inveniuntur egressa ab septentrione.
On doit entendre, dit Stratico, que les plus grands fleuves coulent, -
non du septentrion proprement dit, mais de l'hémisphère
septentrional vers l'hémisphère austral
Perrault voit ici une contradiction avec ce qui a été dit
au chapitre précédent, savoir, que les sources qui sont sur la
pente des montagnes tournées vers le septentrion sont les plus
abondantes, et que la faiblesse des rayons du soleil est une des
principales causes des sources des fontaines, comme si le sôleil
ayant pu attirer en l’air, et consumer l’humidité qui est dans la
terre, faisait qu'elle s’y amasse en si grande quantité qu'elle est
contrainte par sa pesanteur d'en sortir en coulant ; et ici ce sont
les rayons du soleil qui attirent les eaux et les font couler vers le
midi. Et même, parmi les fleuves qu'il cite comme venant du
nord, plusieurs dont les eaux coulent vers le nord, comme le
Rhin et le Nil, ont leur source au midi.
La description que fait Vitruve du cours des fleuves exigerait
bien encore d'autres observations. Il dit, par exemple, que le
Tigre et l'Euphrate sont dans la Syrie, tandis que ces fleuves
passent au milieu de l'Assyrie, fort loin de la Syrie. Il est vrai
que les anciens géographes ont souvent confondu ces deux pays.
17. — Ex monte Atlante Dyris. La description que Vitruve
fait du Nil est très-intéressante. Si on la confronte avec les
cartes modernes les plus exactes, on verra qu'il connaissait le